jeudi, 11 septembre 2008

Il était une fois un 11 septembre…

Allende.jpgEncore une petite poussée de conservatisme révolutionnaire, je vous prie de m’en excuser. 35 ans jour pour jour après la mort du président chilien Salvador Allende, brutalement renversé par un coup d’Etat militaire, comment en tant que socialiste ne pas rendre hommage à cet homme d’Etat qui a osé entreprendre une véritable transformation sociale ?

Un Chilien m’a dit un jour : « C’est vrai que Pinochet était terrible, mais il nous a quand même sauvé du communisme… » J’ai changé de sujet, bien sûr. Mais qu’a donc fait Allende pour « mériter » la fin tragique que l’on sait ?

Redistribuer les terres, rendre au peuple la propriété sur les ressources naturelles, associer les salarié-e-s à la gestion des entreprises, augmenter les salaires. Et le tout démocratiquement, et même pendant longtemps grâce à un consensus dépassant la gauche. C’est sans doute en cela qu’il était si dangereux et c’est sans doute cela qui aura causé sa perte.

Aujourd’hui, j’entends souvent, à gauche comme à droite, que la gauche n’a pas d’alternative à proposer. C’est un peu vrai. Mais ce n’est pas une raison pour perdre toute audace, pour ne plus même y réfléchir. D’un autre côté, il serait vain pour la gauche de dessiner abstraitement les contours de cette alternative. Je l’ai dit dans un précédent billet : l’alternative se construit par petites touches.

Prenons l’exemple du logement. Garantir ce droit fondamental dans une Constitution, mener une politique de logement social, construire et gérer des logements à prix abordables via des fondations de service public, soutenir les coopératives d’habitation, c’est déjà esquisser l’alternative. Et tout le monde se rend compte que le marché seul ne répond pas aux besoins de la population.

Certes, la gauche est souvent meilleure gestionnaire que la droite. Mais ce n'est pas sa seule vocation; c'est lorsque la gauche y croit, donne un espoir, qu’on a vraiment envie de voter pour elle. Surtout quand elle s’efforce de toutes ces forces de concrétiser l’espoir une fois élue. Salvador Allende l’avait compris.

13:54 | Tags : salvador, allende, socialisme, alternative, logement | Lien permanent | Commentaires (20) |  Imprimer | |  Facebook | | |

Commentaires

"Redistribuer les terres, rendre au peuple la propriété sur les ressources naturelles, associer les salarié-e-s à la gestion des entreprises, augmenter les salaires. Et le tout démocratiquement, et même pendant longtemps grâce à un consensus dépassant la gauche. C’est sans doute en cela qu’il était si dangereux et c’est sans doute cela qui aura causé sa perte."

C'est sans doute celà qui aurait plongé le Chili dans le pire désatre économique de son histoire?...

"Rendre au peuple...", là on est dans la réthorique communiste pure...

"Associer les salariés...", pourquoi faire? Un ouvrier n'est pas un gestionnnaire, à chacun son job, et mai 68 c'est derrière...

"Certes, la gauche est souvent meilleure gestionnaire que la droite."

Vraiment...? @:-) En augmentant automatiquement les salaires de la fonction publique et les taxes?... En multipliant toutes les aides possible et imaginable en plombant la classe moyenne?

Écrit par : Carlitos de Unamuno | jeudi, 11 septembre 2008

Je me rappelle encore des chiliens, émigrés en Roumanie, vers 1972, venus pour vivre le socialisme...
A la suite de quoi, quand ils ont constaté ce qu'est, ce qu'était le socialisme, ils sont partis, vers 1974, en Suède...pour les allocations familiales, celle de l'asile politique...etc.

Quand on vit le socialisme, on veut vite changer pour le capitalisme...

Écrit par : Victor DUMITRESCU | vendredi, 12 septembre 2008

Puisque vous en êtes à défendre M. Allende, j'attends avec impatience votre message sur la défense que le PS faisait concernant Ceaucescu et Honecker ! Ces deux distateurs faisaient partie des "petits copains" de votre parti et de l'un de ces anciens secrétaires généraux. Lisez les archives du Berner Tagwart, c'est édifiant. Le PS a toujours été proche et ami avec les dictatures de l'Est.

Écrit par : Octave Vairgebel | vendredi, 12 septembre 2008

Cher Carlitos,

On ne sera jamais si la politique économique menée par Allende aurait été aussi désastreuse que vous le dites, puisque après l'avoir saboté, les opposants à cette politique ont préféré avoir recours à la répression sanglante et supprimer toute démocratie pendant 20 ans.

Vous me dites ensuite que je me livre à de la "réthorique communiste pure". Est-ce la forme ou le fond qui ne vous convient pas? Je trouve simplement que les ressources naturelles d'un pays devraient appartenir à la communauté qui doit pouvoir décider de la manière de les exploiter. Je préfère un monopole public, contrôlé démocratiquement, à un monopole privé. Cela ne fait pas encore de moi un partisan de l'abolition de la propriété privée et de la dictature du prolétariat il me semble.

Concernant les qualités de gestionnaire de la gauche, je crois qu'elles sont aujourd'hui reconnues au delà des clivages partisans, et indépendamment des désaccords qui peuvent exister sur les questions que vous évoquez. Il n'est pas rare d'entendre quelqu'un de droite reconnaître en privé la bonne gestion de tel magistrat de gauche sans pour autant être d'accord avec lui sur le fond.

Concernant la participation des salarié-e-s, votre question est très pertinente et mérite à elle seule une nouvelle note.

Bien à vous,
Cyril

Écrit par : Cyril Mizrahi | vendredi, 12 septembre 2008

""Associer les salariés...", pourquoi faire? Un ouvrier n'est pas un gestionnnaire, à chacun son job, et mai 68 c'est derrière..."

Les actionnaires d'une société n'ont pas besoin de savoir comment faire tourner leur boîte dans tous les détails, et pourtant ce sont bien eux les propriétaires...

Écrit par : PtitSuisse | vendredi, 12 septembre 2008

PtitSuisse: je n'aurai su mieux dire en si peu de mots, merci.

Victor et Octave: ne mélangez pas tout svp. Allende était un authentique démocrate et n'a rien à voir avec les dictateurs prétendument de gauche que vous mentionnez. Le PS n'a jamais à ma connaissance défendu de tels personnages qui ne sauraient l'être davantage qu'un Pinochet.

Octave, votre message est à la limite de la diffamation, raison pour laquelle j'ai retiré le nom du secrétaire général que vous citiez. De manière générale, je ne publie pas les commentaires diffamatoires, injurieux ou de quelque manière attentatoires à l'honneur.

Écrit par : Cyril Mizrahi | vendredi, 12 septembre 2008

Monsieur Mizrahi ,
Il s'agissait, dans mon commentaire, de démontrer l'attrait du socialisme et celui du capitalisme, pour les partisans d'Allende.
Un point, c'est tout.
Vous désirez écrire "mélange", c'est votre droit, mais mon commentaire, n'allait pas dans ce sens là.

Bien que vous soyez socialiste convaincu, j'aimerais bien savoir quelle aurait été votre réaction, vivant le socialisme de l'intérieur, comme moi, dans la République Socialiste Roumaine, avec un parti unique, à sa tête, le Parti Communiste Roumain.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | vendredi, 12 septembre 2008

Victor: la Suède que vous mentionnez n'est pas exactement l'archétype de la société capitaliste. C'est au contraire l'exemple d'un pays où le socialisme démocratique a apporté une qualité de vie exemplaire.

Il est vrai que le terme "socialisme" souffre de l'utilisation qu'en ont fait des personnages qui n'avaient rien à voir avec le socialisme démocratique.

Les idées que je défends m'auraient conduit tout droit dans l'opposition dans un pays comme la Roumanie de Ceaucescu, et donc logiquement à devoir me taire, me cacher, ou fuir.

Écrit par : Cyril Mizrahi | vendredi, 12 septembre 2008

"Je trouve simplement que les ressources naturelles d'un pays devraient appartenir à la communauté qui doit pouvoir décider de la manière de les exploiter. Je préfère un monopole public, contrôlé démocratiquement, à un monopole privé."

A ce propos, il est intéressant de constater que les mines de cuivre chiliennes (qui est le plus gros producteur mondial) nationalisées par Allende n'ont pas été privatisée par Pinochet !

http://fr.wikipedia.org/wiki/Codelco

Comme quoi, même les "Chicago boys" ont l'air d'accord avec vous ;-)

Écrit par : PtitSuisse | vendredi, 12 septembre 2008

@Cyril

"On ne sera jamais si la politique économique menée par Allende aurait été aussi désastreuse que vous le dites, puisque après l'avoir saboté, les opposants à cette politique ont préféré avoir recours à la répression sanglante et supprimer toute démocratie pendant 20 ans."

Je suis loin d'être fan de Pinochet, mais force est de constater que la gauche utilise toujours cette exemple de dictature de droite, qui en terme de victimes est largement en-dessous de tout ce que le communisme a pu faire, alors qu'elle continue à brandir des symboles comme Castro ou Che Guevara ( voir les récentes déclarations de Ziegler). Moi je suis comme vous un Démocrate avant tout, donc parfois celà me fait un peu sourir...

Concernant la gestion droite-gauche, dans mon canton qui a un des taux d'imposition les plus élevés de la romandie et qui est dominé par la gauche, la gestion est assez pitoyable... Et les réformes structurelles très timides. En tant qu'employé du privé je peux être licencié n'importe quand, et continuer à me ruiner avec des impôts hallucinants. Un employé du plublic est surprotégé, inlicenciable, et dispose de conditions sociales largement supérieures à la moyenne de ce que les PME ont à offrir. Or je trouve profondément inégalitaire de demander à une famille d'ouvriers de se ruiner pour entretenir une administration redondante. De plus nous avons un filet social trop statique, pour moi il devrait être un trampolin, pas un fournisseur de rentes à vie et dans n'importe quelle condition. Je ne suis donc plus socialistes depuis belle lurette, depuis aussi que j'ai fait mon chemin dans le privé et que je me suis rendu compte à quel point toutes sortes de gens attachés à l'Etat prônent des politiques sociales qui à terme sont une spoliation pure et simple du fruit des effortes indiviudels.

Écrit par : Carlitos de Unmauno | vendredi, 12 septembre 2008

"Les idées que je défends m'auraient conduit tout droit dans l'opposition dans un pays comme la Roumanie de Ceaucescu, et donc logiquement à devoir me taire, me cacher, ou fuir."

Pas sûr... que votre réthorique aurait vraiment fait tache...

Écrit par : Carlitos de Unmauno | vendredi, 12 septembre 2008

Est-ce que vous avez des exemples parlants de ce que vous avancez ?
"Certes, la gauche est souvent meilleure gestionnaire que la droite."
Dans quel pays, à quelle époque ?
Regardez, rien qu'à Genève, Micheline Calmy-Rey, nous a foutu dans la merde, et la BCGe avec.
Laurent Moutinot et Charles Beer, j'espère que ne me direz pas qu'ils ne sont pas socialistes !

L'opposition en la Roumanie de Ceausescu, dormaient tous en prison cher Monsieur !

Écrit par : Victor DUMITRESCU | vendredi, 12 septembre 2008

"ides. En tant qu'employé du privé je peux être licencié n'importe quand".

Dans la plupart des cantons et à la confédération c'est également le cas: les conventions collectives donnent aussi des conditions sur-obligatoires pour le licenciement (délai de congé plus long, par exemple).


" et continuer à me ruiner avec des impôts hallucinants."

A ce que je sache, être employé de l'Etat ne dispense pas de payer des impôts.


" Un employé du plublic est surprotégé, inlicenciable, et dispose de conditions sociales largement supérieures à la moyenne de ce que les PME ont à offrir."


Assurance chômage, AVS, et LPP obligatoire, c'est pareil pour le public ou le privé. Bien des entreprises privées offre des conditions LPP sur-obligataires comparables au public.

"l'Etat prônent des politiques sociales qui à terme sont une spoliation pure et simple du fruit des effortes indiviudels."

Je suis partiellement d'accord avec vous: on peut repenser la fiscalité et le fonctionnement de l'Etat. Cependant je crois que d'espérer que tous le monde deviendrait riche tout à coup parce qu'on supprime l'Etat, c'est se bercer d'illusions.

Écrit par : PtitSuisse | vendredi, 12 septembre 2008

Dumi Dumi..

Tu devrais réfléchir un tantinet davantage. Le régime de Ceausescu n'avait rien de socialiste (même pas le nom probablement). C'était soi-disant (et soi-disant seulement) un régime communiste. En réalité ton Ceausescu était un type qui a saisi une opportunité pour monter dans l'échelle du pouvoir. Il aurait bien pu être un fasciste, un nazi selon les circonstances et les éventuelles opportunités qui se seraient présentées à lui..

Tu captes?

Écrit par : Hilare | vendredi, 12 septembre 2008

Cyril, mon message est clair et je comprends très bien que cela ne vous fasse pas plaisir. Aussi, je vais préciser mes affirmations.
Voici ce qui était publié le 23 août 1984 : Le Parti Socialiste Suisse à l'honneur de présenter ses meilleurs voeux à la République Socialiste de Roumanie pour son 40ème anniversairer et en même temps aussi sa journée de fête nationale. Le PSS est convaincu que les bonnes relations actuelles entre le Parti communiste de Roumanie et lui-même pourront êtres poursuivies également à l'avenir pour le bien des deux états. Le plus beau message est celui-ci : Chers camarades, Au nom du comité central du PSS nous avons le paisir et l'honneur de vous présenter nos meilleurs voeux de succès pour votre prochain congrès. Etant tous occupés à préparer et organiser la rencontre de l'Internationale Socialiste nous ne sommes pas en mesure d'envoyer une délégation à votre manifestation importante. Par ce message nous tenons toutefois à vous souhaiter des négociations fructueuses et à vous assurer de la solidarité des camarades de notre parti. Fraternellement vôtre. J.-P. Mettral. Publié le 16 novembre 1989. De plus, en 1985, suite à l'invitation du PC de Bulgarie, le PSS a préparé en grand secret, sous l'égide de M. H. Hubacher, un voyage de 5 pesonnes dans ce pays.

Alors, avant de me dire que je diffame, véréfiez vos sources et, je vous falicite le boulot : Toutes ces infos sont dans les archives de l'organe officiel du PSS, le Berner Tagwart.

Écrit par : Octave Vairgebel | mardi, 16 septembre 2008

Alors on remplace Tedeschi ? On censure quand on apporte des preuves irréfutables des connivences entre le PS et les dictateurs de l'est ?
Pas très courageux Cyril. Vous êtes un adepte du "courage, fuyons" ?
Je sais, c'est chiant de se trouver face à la vérité mais, en politique, la vérité est diffice à supporter.

Écrit par : Octave Vairgebel | mardi, 16 septembre 2008

Cher Octave ^^
Je n'ai nullement la prétention de remplacer mon ami Michel Tedeschi, avec qui je partage des idées, mais aussi une certaine idée de l'engagement politique, que je ne puis pratiquer qu'avec la plus grande intégrité et sincérité, tout comme Michel.
Vous le voyez: j'ai choisi de pratiquer une censure plutôt minimaliste, et d'en publier le plus possible.
Mais il est exclu qu'au nom d'une liberté d'expression mal comprise par d'autres, je me mette à publier des accusations et autres injures gratuites qui ne peuvent par essence pas être discutées (vous n'êtes ici pas spécialement visé).
Vous êtes sûrement très attaché à la liberté individuelle et donc à même de comprendre que sur mon blog, dont je suis juridiquement responsable, c'est moi qui fixe les règles du jeu.
Sur les blogs comme dans la vie politique, certains se sont donné pour mission de semer le trouble en lançant des accusations ou des polémiques sans rapport avec le sujet. Je ne sais pas si vous en faites partie, mais de mon côté je ne me lancerai pas là-dedans.
Donc non, je ne vous censure pas, simplement je ne regarde pas les nouveaux comments 24h/24 mais quand mon activité professionnelle m'en laisse le loisir. Et je n'ai hélas pas le temps de vérifier ce que vous avancez, cette fois avec précision, et dont je vous laisse donc la responsabilité.
Sur le fond, croyez-moi ou non, je ne suis pas toujours en accord avec le PSS ni même avec le PS genevois. Je veux bien assumer ce que dit celui-ci puisque je fais partie de sa direction, mais je n'ai pas à répondre de ce que celui-là a dit ou non il y a 30 ans. Du reste, le PSS n'est pas actuellement le parti qui est le plus en délicatesse avec les principes de la démocratie et de l'Etat de droit, loin s'en faut.
Mon propos était de rendre hommage à un socialiste démocrate, un point c'est tout. Sur le régime de Ceaucescu, j'ai en outre indiqué clairement ma position.

Écrit par : Cyril Mizrahi | mardi, 16 septembre 2008

"Victor et Octave: ne mélangez pas tout svp. Allende était un authentique démocrate et n'a rien à voir avec les dictateurs prétendument de gauche que vous mentionnez."

Pour quelqun qui a fait les yeux doux à l'URSS,et qui préconnisait un rapprochement avec le chili,c'est une drôle de conseption de la démocratie.N'oublions pas non plus que les démocrates chrétiens chilien furent aussi à l'origine de son renversement.

D.J

Écrit par : D.J | mardi, 16 septembre 2008

Cyril, il me semble que la moindre des choses est que le PSS reconnaisse ses liens privilégiés et amicaux avec les anciens dictateurs de l'Est. Je ne vous ai pas parlé de Honecker (ex-président de l'Allemagne de l'Est et les relations du PSS avec ce triste sire). Ce qui doit être très difficile à faire car, comme de coutume, vous nous répondez que c'est vieux, que cela ne vous concerne pas, etc. Les excuses ne sont pas valables, il serait plus honnête de dire : Oui, nous avons entretenus des relations avec ces régimes que nous avons soutenus. C'est ennuyeux pour les socialistes actuels mais cela fait partie de l'Histoire de ce parti. Je vous rappelle que, lors du soulèvement de la Hongrie et de la Pologne, le PSS était aligné avec Moscou et ne soutenait pas les insurgés qui demandaient la liberté ! Du reste, aucun socialiste à participé aux diverses manifs qui ont eus lieu à Genève et dans d'autres villes suisses.

Écrit par : Octave Vairgebel | mercredi, 17 septembre 2008

D.J., non Allende n'était pas un démocrate, il était socialiste et soutenu par l'extrème gauche et député de l'alliance socialo-communiste FRAP.

Écrit par : Octave Vairgebel | mercredi, 17 septembre 2008

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