mercredi, 24 septembre 2008

CONSTITUANTE: logement et espaces publics pour toutes et tous!

Membre de l'ASLOCA, de l'ATE et de l'association Rives publiques, j'ai eu le plaisir de coordonner le groupe chargé de synthétiser les propositions de la liste socialiste pluraliste en matière de logement et d'urbanisme. Je publie ici la synthèse rédigée par ce groupe, approuvée par les instances dirigeantes du PS.

Nulle part en Suisse la crise du logement n’est aussi aiguë qu’à Genève. Il est toujours plus difficile de se loger à des conditions financières supportables.

Au sein de la Constituante, les Socialistes se battront pour que le droit au logement soit inscrit à la fois comme principe fondamental et comme droit justiciable. Le logement relève du service public ; l’Etat et chaque commune selon sa population devraient garantir une offre de logements sociaux suffisante, y compris en construisant eux-mêmes de nouveaux logements. Au besoin, l’Etat doit appliquer la possibilité déjà existante de réquisitionner les logements laissés vacants à des fins spéculatives. L’habitat coopératif financièrement abordable et les autres formes alternatives d’habitat doivent aussi être encouragés. L’Etat doit promouvoir un habitat de qualité, à prix abordable, répondant à des hauts standards énergétiques et facilement adaptable pour les personnes handicapées.

Les Socialistes entendent bien entendu réaffirmer intégralement dans leur portée les dispositions actuelles sur la politique sociale du logement et garantir de manière générale le référendum obligatoire pour toute modification des lois adoptées par le peuple à la suite d’une initiative populaire.

Sur le plan de l’aménagement, les Socialistes veulent une politique d’agglomération transfrontalière. En outre, un développement urbain basé sur la mixité sociale et des activités, ainsi qu’une offre de services publics de proximité, sont les meilleurs moyens pour lutter contre le sentiment d’insécurité, pour promouvoir la qualité de vie et une mobilité durable. Les Socialistes veulent enfin une politique volontariste en faveur d’espaces publics de qualité (locaux de quartier, places piétonnes, parcs publics, rives publiques, etc.) accessibles à tout-e-s.

Le 19 octobre, élisez les meilleures auteur-e-s, choisissez la liste n°7, Socialiste pluraliste

vendredi, 19 septembre 2008

CONSTITUANTE: réformer, oui, mais pour quoi faire ?

La campagne pour les élections à la Constituante bat son plein. Certains candidat-e-s se profilent comme « hors parti », champions de telle ou telle cause, représentant-e-s de telle ou telle association. D’autres fustigent les « corporatistes » qui veulent « nuire au processus réformateur ».

Sur Radio Cité, le journaliste Pascal Décaillet m’a d’abord demandé une proposition concrète. Ma réponse a semblé le renforcer dans sa crainte de voir siéger des représentant-e-s de groupes spécifiques, sans vision globale. Mais lorsque je lui ai répondu sur ce terrain, je suis alors (re)devenu un vilain gauchiste partisan d’un Etat omnipotent…

Vision de société

Pourtant, j’assume. Non pas que je sois un vilain gauchiste, non, peut-être un gentil, à la limite. Oui, je suis de gauche, je suis un socialiste réformiste, j’ai une vision de société. Et oui, je suis actif dans plusieurs associations, dont je souhaite relayer les revendications, car elles nourrissent et s’inscrivent dans ma vision de société.

Tant le rejet de la politique, de la différence entre la gauche et la droite d’une part, que, d’autre part, l’idée que les élu-e-s seraient des plantes hors-sol, qui n’ont ni ne doivent avoir aucun contact avec la « société civile », me semblent à la fois dangereux et sans lien avec la réalité. Il s’agit surtout de stratégies pour se profiler – dans le meilleur des cas – ou, pire, pour disqualifier l’adversaire.

Alors plutôt que de dire, comme certains – comble de suffisance –, avec qui je ne souhaiterais en aucun cas siéger, eh bien je dis d’abord que je souhaite en être ; et ensuite, que je siégerai volontiers avec toutes celles et ceux qui ont une vision politique, des causes à défendre et l’envie de travailler ensemble. Quelle que soit leur liste.

Pour ma part, j’y apporterai d’abord, comme d’autres, une vision socialiste démocrate. Le système capitaliste perpétue les injustices, l’oppression et les inégalités, c’est pourquoi je pense que la société doit être profondément réformée. A notre niveau cantonal, une nouvelle Constitution peut être l’occasion de réaliser quelque progrès : faire progresser les droits fondamentaux, consacrer le rôle de l’Etat dans le domaine des services publics et de la redistribution. Il ne s’agit pour moi ni d’un pure toilettage, ni de se concentrer uniquement sur le nombre de communes ou de député-e-s.

L’égalité, une valeur fondamentale

Handicapé de la vue dès ma naissance et actif depuis plus de dix ans dans les associations de personnes handicapées, je me battrai en particulier pour un renforcement du principe d’égalité et de non discrimination quel que soit le motif. La liberté n’a de sens que si la loi la garantit dans la même mesure à chacune et chacun ; pour le faible, c’est la loi qui libère.

En particulier, je m’engagerai pour que le canton et les communes mènent une politique globale en faveur de l’intégration et de l’autonomie des personnes handicapées, et aillent plus loin que le droit fédéral en leur garantissant un égal accès aux emplois, aux prestations et aux espaces publics.

A ce propos, en tant que membre de l’association « Rives publiques », je me battrai pour le libre accès des rives et contre leur privatisation. De même, chaque association dont je suis membre représente une cause qui me tient à cœur : les droits humains (Amensty), le droit au logement (ASLOCA), la protection des salarié-e-s et des services publics (SSP) comme celle des consommateurs et consommatrices (FRC), et la mobilité douce (ATE).

Toutes ces causes, je le revendique, je les défendrai dans une perspective réformatrice, celle d’un canton non pas amaigri et affaibli, mais fort, efficace et garant des droits fondamentaux et de la justice sociale.

14:47 | Tags : réforme, socialisme, égalité, etat, rives, handicap, logement | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer | |  Facebook | | |

jeudi, 18 septembre 2008

Démocratie économique : les salarié-e-s doivent avoir leur mot à dire !

Des représentant-e-s des salarié-e-s et des usagers-ères dans les conseils des institutions et entreprises de service public : c’est l’une des propositions de la « feuille de route », le « programme » socialiste dans le cadre des élections à la Constituante. Associer les salarié-e-s à la gestion des entreprises, c’était aussi l’une des réformes réalisées par Allende que j’ai mentionné dans ma note du 11 septembre. Comme promis, je reviens ici sur cet aspect, en réponse au commentaire sceptique de Carlitos à ce sujet.

Pourquoi la participation ?

Parce que la démocratie n’est pas complète si elle s’arrête aux portes de l’entreprise. La liberté des uns ne devant idéalement s’exercer en empiétant sur celle dévolue à parts égales aux autres, chacun-e doit pouvoir participer aux décisions qui le concernent. Ainsi, non seulement celles et ceux qui financent l’entreprise, mais également celles et ceux qui y contribuent par leur force de travail doivent avoir leur mot à dire. Les salarié-e-s ne sont en effet pas les derniers concernés par le bon fonctionnement ou non de l’entreprise.

En outre, plus pragmatiquement, la participation entraîne logiquement une meilleure acceptation des décisions auxquelles les salarié-e-s ont participé ainsi qu’un sentiment d'implication accrue dans la vie de l'entreprise, qui est une source de motivation importante. En somme, un gage de succès et de bon fonctionnement pour l’entreprise. Enfin, la participation permet également un contrôle accru de la bonne gestion de l’entreprise.

« Un ouvrier n'est pas un gestionnaire, à chacun son job... »

C’est vrai. Je ne prône pas l'autogestion. C'est peut-être le terme de gestion qui est ambigu. L'idée n'est pas que n'importe qui dirige une entreprise ou effectue lui-même telle ou telle tâche. Mais seulement que les salarié-e-s aient leur mot à dire sur les décisions à prendre et sur qui doit les prendre. La démocratie dans l'entreprise ne signifie pas du tout mélange des genres, mais exige au contraire une définition très précise du rôle de chacun.

… « et mai 68 c'est derrière »

Même aujourd'hui, 40 ans après mai 68, la participation des salarié-e-s est pratiquée, par exemple en Allemagne. En Suisse et à Genève, les représentant-e-s du personnel qui siègent dans les Conseils d'administration d'entreprises publiques et de caisses de pension sont aussi une forme de participation.

Etendre la participation au sein des services publics, mais aussi encourager une économie participative via des structures associatives ou coopératives, cela n’a donc rien d’utopique. Le signal récemment donné par le peuple genevois, qui a largement soutenu le maintien de la participation au sein de nos régies, le montre.

A lire également l’excellente note de Pierre Bayenet sur la démocratie économique

jeudi, 11 septembre 2008

Il était une fois un 11 septembre…

Allende.jpgEncore une petite poussée de conservatisme révolutionnaire, je vous prie de m’en excuser. 35 ans jour pour jour après la mort du président chilien Salvador Allende, brutalement renversé par un coup d’Etat militaire, comment en tant que socialiste ne pas rendre hommage à cet homme d’Etat qui a osé entreprendre une véritable transformation sociale ?

Un Chilien m’a dit un jour : « C’est vrai que Pinochet était terrible, mais il nous a quand même sauvé du communisme… » J’ai changé de sujet, bien sûr. Mais qu’a donc fait Allende pour « mériter » la fin tragique que l’on sait ?

Redistribuer les terres, rendre au peuple la propriété sur les ressources naturelles, associer les salarié-e-s à la gestion des entreprises, augmenter les salaires. Et le tout démocratiquement, et même pendant longtemps grâce à un consensus dépassant la gauche. C’est sans doute en cela qu’il était si dangereux et c’est sans doute cela qui aura causé sa perte.

Aujourd’hui, j’entends souvent, à gauche comme à droite, que la gauche n’a pas d’alternative à proposer. C’est un peu vrai. Mais ce n’est pas une raison pour perdre toute audace, pour ne plus même y réfléchir. D’un autre côté, il serait vain pour la gauche de dessiner abstraitement les contours de cette alternative. Je l’ai dit dans un précédent billet : l’alternative se construit par petites touches.

Prenons l’exemple du logement. Garantir ce droit fondamental dans une Constitution, mener une politique de logement social, construire et gérer des logements à prix abordables via des fondations de service public, soutenir les coopératives d’habitation, c’est déjà esquisser l’alternative. Et tout le monde se rend compte que le marché seul ne répond pas aux besoins de la population.

Certes, la gauche est souvent meilleure gestionnaire que la droite. Mais ce n'est pas sa seule vocation; c'est lorsque la gauche y croit, donne un espoir, qu’on a vraiment envie de voter pour elle. Surtout quand elle s’efforce de toutes ces forces de concrétiser l’espoir une fois élue. Salvador Allende l’avait compris.

13:54 | Tags : salvador, allende, socialisme, alternative, logement | Lien permanent | Commentaires (20) |  Imprimer | |  Facebook | | |

mercredi, 10 septembre 2008

Le Front de libération des bénéficiaires de rente AI communique

Afin d'assainir l’AI à long terme, il importe de libérer les bénéficiaires d’une rente de leur dépendance à l'égard de l'assurance, déclare le Conseil fédéral dans un communiqué sur l’assainissement de l’AI. « L'idée-force de la 5e révision, «la réadaptation avant la rente», doit donc être complétée aussi vite que possible par le principe : «la réadaptation après la rente». » (sic) Il est réjouissant de voir de vieilles revendications ainsi prises au sérieux. De nombreux rentiers et rentières anonymes attendent avec impatience de connaître les mesures qui seront enfin prises pour garantir à chaque personne handicapée place de travail et indépendance financière.

Source: brève publiée sur le site www.agile.ch 

mardi, 09 septembre 2008

Etre socialiste aujourd’hui?

Debatsocialiste.jpg« Etre socialiste en Suisse aujourd'hui! » C’est le titre d’un débat organisé par le PS genevois ce soir (20 heures, UOG, Place des Grottes). En tant que vice-président, j'aurai le plaisir de dire quelques mots de bienvenue à notre invité Christian Levrat, président du PS Suisse.

Hier après-midi, un journaliste m’a appelé au sujet de ce débat : il cherchait pour une émission de radio un jeune « bien de gauche », du genre « conservateur ». Evidemment, j’ai tiqué…

Un peu plus tôt, mon père – ce « commerçant jovial » – m’a appelé. Il venait de parler de mes premières blogueries avec ma mère. « Tu te présentes comme un révolutionnaire, me reproche mon vert de père déçu, je pensais que tu étais plus consensuel ! »

Aïe, je suis donc à la fois conservateur et révolutionnaire ? Cherchez l’erreur… En plus, mon paternel me voyait consensuel… Peut-être que je suis un peu de tout ça après tout… Peut-être que de mon point de vue, être socialiste, c’est un peu de tout ça.

Ces étiquettes ne me plaisent pas trop, mais bon.

Si révolutionnaire veut dire proposer une autre vision de société, une alternative au néolibéralisme, alors oui, le socialisme devrait l’être. Mais si révolutionnaire veut dire accoucher d’un tel projet du jour au lendemain, brutalement, alors non, ce socialisme-là n’est pas le mien. Non seulement parce que cela serait voué à l’échec, l’Histoire le montre, mais surtout parce que je suis, comme le disait avec fierté Olof Palme, un socialiste démocrate.

Un monde différent ne se décrète pas par en haut, il se construit. Par en bas. Démocratiquement. Quoi de plus consensuel, après tout ? La politique des petits pas, oui, mais en avant, en gardant en tête l’objectif. Des compromis progressistes, oui. Des compromissions, non.

« Pourquoi fais-tu référence à ces personnalités du passé ? » m’interroge à son tour ma mère. C’est peut-être pour ça que tant de journalistes voient tant de conservateurs parmi nous – eux qui s’évertuent à penser que nous les détestons alors que nous nous évertuons à penser qu’ils nous détestent. Etre conservateur, ce serait donc se référer à des hommes et femmes du passé, à la social-démocratie historique. Mais aussi construire une pensée politique en tenant compte des expériences passées, refuser un socialisme hors-sol, ou simplement dans l’air du temps, comme l’ont été le social-libéralisme des années ’90, voire le néo-socialisme des années ’30.

Voilà pourquoi, Christian, cher camarade, je me battrai – avec toi – pour un papier sur la sécurité socialiste, même s’il n’est pas dans l’air du temps. Je me battrai aussi pour que le projet socialiste réformiste reste au cœur du programme qui remplacera celui de 1981.

Si pour mon père, mais aussi pour certains militant-e-s socialistes, des mots comme « camarades » et « socialisme » fleurent bon la naphtaline et n’ont plus beaucoup de sens aujourd’hui pour la population, alors nous devons être d’autant plus clairs sur ce que nous voulons. Moderniser le discours, mais pas renier les idées.

01:53 | Tags : socialisme, palme, levrat, ps | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | |

dimanche, 07 septembre 2008

Pourquoi suis-je candidat à la Constituante?

constituante.jpgJ’en suis convaincu : la Constituante peut être l’occasion de faire de la politique autrement, de sortir des blocages et de la gestion à court terme qui caractérisent trop souvent la politique genevoise.

L’expérience menée dans de nombreux cantons prouve que des majorités sont possibles pour présenter à la population un texte progressiste. Cette majorité, je souhaite que la liste socialiste pluraliste en soit le moteur, afin que les missions de service public, de protection sociale et de redistribution trouvent dans notre future Constitution la place qui leur revient.

La Constituante, ce sera aussi une occasion unique de proposer une autre vision de société, basée sur la démocratie et les droits sociaux au lieu du profit et de la rentabilité. Et une Constitution qui garantirait à chacun-e un revenu de base, l’accès à la formation, à l’emploi, aux soins, au logement, à la justice, à la citoyenneté, notamment pour les personnes handicapées. Une Constitution qui supprimerait la concurrence fiscale entre les communes, pour leur permettre d’assurer un véritable service public de proximité.

Aussi je vous encourage à soutenir la liste socialiste pluraliste, qui réunit 40 personalités, femmes et hommes membres ou non du PS.

15:25 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | |

Qui suis-je?

Cyril blog TDG.jpgBinational Franco-suisse naturalisé à 16 ans, je suis né à Genève où j’ai effectué toutes mes études. Ma licence de droit en poche, mes engagements associatifs me conduisent tout droit à la Fédération des associations d’étudiant-e-s de l’Université de Lausanne, dont je deviens le secrétaire général. Après un stage au Bureau fédéral de l’égalité pour les personnes handicapées tout juste créé, j’effectue mon stage d’avocat.

Depuis octobre 2006, je suis secrétaire romand d’AGILE Entraide Suisse Handicap, l’organisation faîtière de l’entraide des personnes handicapées. Après un engagement accru contre la 5e révision de l’AI, je consacre une partie de mon temps à la préparation du brevet d’avocat, que je viens d’obtenir. Passionné de droit public et constitutionnel, je suis membre des commissions de recours en matière d’impôt cantonal et communal et de police des étrangers, et juge assesseur locataire au Tribunal des baux et loyers.

La mondialisation néolibérale et ses conséquences dramatiques, ainsi que les dérives d’une partie de la social-démocratie, m’incitent à m’engager, au sein du PS (depuis 1998) mais aussi des mouvements altermondialistes, pour un socialisme démocratique, réformiste et anticapitaliste, le socialisme de dirigeants comme Jaurès, Blum, Allende, Palme. En clair: proposer une alternative au néolibéralisme, faire évoluer le système, non seulement en atténuer les excès.

Au sein du Conseil municipal de Lancy, ville où je vis avec ma compagne depuis 2006, je fais l’expérience de l'action locale et d’une politique qui ne se limite pas à un affrontement gauche-droite, où il est possible de faire avancer mes idées même sans forcément disposer d'une majorité automatique.

Malvoyant de naissance, je m’engage en outre depuis plus de 10 ans au sein des organisations de personnes handicapées, pour l’intégration, l’égalité et la sécurité sociale, que ce soit en organisant des activités de loisirs ou sur le plan de la mobilisation et du travail politique.

15:17 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | |