jeudi, 01 juillet 2010

La droite s’oppose une nouvelle fois à l’égalité entre femmes et hommes !

Communiqué de presse du groupe socialiste pluraliste de l'Assemblée constituante du 1er juillet 2010 - Ce jeudi 1er juillet, la majorité de l'Assemblée plénière de la Constituante a de nouveau balayé des dispositions concernant les femmes. Cette fois-ci, non seulement les mesures visant à introduire des quotas et la parité ont été refusées, mais en outre, la majorité de droite a décidé de supprimer la proposition suivante: "la loi encourage les partis à présenter pour toutes les élections au système proportionnel des listes comportant un nombre égal de candidatures féminines et masculines".

Le législateur n'aura donc même pas comme tâche d'encourager l'égale représentation des femmes en politique par des mesures concrètes minimales. Cela, parce que la majorité composée de l'Entente, du MCG et de l'UDC, a suivi la proposition de Béatrice Gigiser, du PDC, vidant la thèse initiale votée en commission de toute substance.

Au contraire, le groupe socialiste pluraliste réaffirme son soutien au principe fondamental de l'égalité femme-homme, et donc à des mesures visant à limiter la sous-représentation des femmes dans les institutions politiques. C'est quand elles seront plus présentes dans les institutions que des solutions pour conduire à plus d'égalité de fait entre tous et toutes seront possibles et que les problèmes rencontrés dans leur quotidien seront pris en comptes. Cela veut dire des salaires égaux à compétences égales, des postes à responsabilité pour les hommes comme pour les femmes, des places de crèche, une meilleure reconnaissance du travail à temps partiel; mais aussi, des congés parentaux et paternels et une place du père valorisée au sein de la famille.

Refuser le recours à de telles mesures, c'est continuer à avoir une représentation d'à peine 29% de femmes au Grand Conseil, ou pire, de 22.5% au sein de l'Assemblée constituante.

La Constitution de Genève du XXIème siècle sera égalitaire ou ne sera pas.

Cyril Mizrahi, chef du groupe socialiste pluraliste

21:01 | Tags : constituante, égalité, hommes, femmes, parité | Lien permanent | Commentaires (7) |  Imprimer | |  Facebook | | |

Commentaires

Je comprends bien que cela soit électoraliste, mais quand-même... Comment voulez-vous que votre gauche-langue de bois soit crédible? Dans le genre mauvaise foi, c'est en tête du top 10.

La parité est du dopage. Depuis des décennies que les femmes sont en politique, elles peuvent se se battre pour être plus nombreuses. Votre parti devrait en tirer des bénéfices. Croyez-vous que ce soit automatiquement facile d'avoir une bonne place pour nombre d'hommes qui n'ont pas de famille ou de sponsor?

Le dopage politique est un dopage comme un autre. Dopez-les dans votre parti si vous le voulez. Mais ne dites pas que l'égalité est refusée. Vous voulez imposer une discrimination "positive". Toute discrimination de genre, de race, de sexe, est un racisme et est anti-démocratique. Les socialistes sont-ils racistes à l'envers, par la discrimination dite "positive"?

La sous-représentation des femmes changera avec le temps, si les femmes le veulent. Et elles comme les hommes oeuvreront pour la collectivité. Pensez-vous que les hommes politiques font oeuvre de communautarisme et veulent casser de la femme? Démontrez-le. Par contre pas besoin de démontrer que les féministes font du communautarisme.

Quand à utiliser les hommes pour valoriser votre argumentaire, genre: "des congés parentaux et paternels et une place du père valorisée au sein de la famille.", franchement, vous vous moquez du monde. les hommes pères savent très bien ce qui se passe avec les juges socialistes aux affaires familiales, ou avec les assistantes sociales socialistes. Les pères on s'en fout chez les socialistes. Les seuls hommes validés chez les socialistes sont ceux qui se couchent devant les femmes. La paritémania a son prix.

Tout le monde sait cela.

Alors votre communiqué-langue de bois, il ne fait même pas rire.

Ah bon? Ce n'était pas de l'humour?

Écrit par : hommelibre | jeudi, 01 juillet 2010

Personnellement, je pense que l'égalité n'est valable que dans LA QUALITE DES PERSONNES INTERESSEES, sans aucune distinction de sexe, religion, race ou autres......
Pousser les femmes ou chercher des contingents en politique, je trouve cela complètement ridicule !
Il faut promouvoir et aider à la QUALITE des personnes, sans aucune distinction !
Jusqu'à nouvel avis, la démocratie doit s'appliquer à TOUT LE MONDE (toujours sans aucune distinction) !
Amitiés !

Écrit par : Coucou | jeudi, 01 juillet 2010

Si l'égalité des sexes en droits doit demeurer un combat quotidien pour que celle-ci soit appliquée, applicable, réalisée dans tous les domaines, le débat qui nous mène sur la parité en nombre de l'égalité des sexes est une erreur qui risque bien de déservir la femme en lieu et place de l'asseoir sur l'équité des droits, car :

- C'est aussi ouvrir la porte aux calculs en nombre dans l'égalité des sexes lors des promotions ;

- C'est aussi ouvrir la porte aux calculs en nombre dans l'égalité des sexes lors les décisions de justice de paix lors de l'attribution des gardes d'enfants ;

- C'est aussi ouvrir la porte aux calculs en nombre dans l'égalité des sexes lors d'engagement de personnels ;

- C'est aussi ouvrir la porte aux calculs en nombre dans l'égalité des sexes durant les inscriptions dans les grandes écoles ;

et bien d'autres thèmes où les quotas deviendraient la valeur absolue, au détriement de la proportionnalité naturelle issue des engagements individuels et personnels dans notre société.

Car le véritable problème se situe là : dans quelle société voulons-nous vivre demain, dans quelle société les femmes veulent-elles évoluer, dans quelle société les femmes veulent-elles être participatives, quels moyens offrir pour nourrir l'égalité en droit dans les chemins de vie des femmes ?

La parité en nombre dans l'égalité des sexes est une profonde erreur de calcul. Le combat légitime pour l'égalité des sexes en droits lui ne doit pas devenir le leitmotiv à une mise en place d'un système discriminatoire, il en va justement de la crédibilité de la parité en droit, ainsi que celle de nos institutions.

Écrit par : walter schlechten | vendredi, 02 juillet 2010

Les quotas ? Une très très mauvaise idée et ce n’est surtout pas une question d’égalité comme vous semblez le dire.
-
L’important c’est la compétence est elle seule dans l’intérêt premier du Conseil général (le Peuple).
-
Je n’ai aucun peine à dire que, pour le Conseil d’Etat, par exemple, je vote immédiatement pour sept femmes intelligentes, compétentes et d’esprit indépendant et libre, en lieu et place de sept mecs s’ils m’apparaissent quelque peu ploucs sur les bords et trop inféodés à des lobbys qui entendent les mettre en place et pour lesquels ils travailleront principalement.

Écrit par : Claude Marcet | vendredi, 02 juillet 2010

Cher Maître Mizrahi,

Nous, le groupe des mâles égalitaires binaires, vous remercions du fond de notre coeur à nous tous d’avoir compris combien il est important d’avoir une égalité parfaite entre hommes et femmes et d’en faire la promotion.

Nous voulons :
- une parité à l’armée (autant de brigadiers que de brigadières, autant de femmes chaire à canon que d’hommes chaire à canon)
- une parité parfaite entre payeuses et payeurs de taxe militaire,
- le même nombre de veufs touchant une rente de veuf que de veuves touchant une rente de veuve (actuellement il n’y a que les veuves qui touchent une rente),
- que la somme globale des contributions à l’avs soit la même pour les hommes que pour les femmes
- les mêmes droits pour les pères célibataires que pour les mères célibataires
- que les congés maternité et paternité soient les mêmes
- les mêmes chances pour les hommes que pour les femmes pour l’attribution des enfants lors d’un divorce
- la même pénibilité pour tous et toutes dans tous les métiers
- une représentation paritaire dans tous les métiers y compris les métiers du sexe (autant de travailleurs que de travailleuses du sexe et autant de clients que de clientes),
- nous voulons une parité entre les supporters et supporteuses dans les stades et entre buveurs et buveuses de bière
- des équipes sportives paritaires (p. ex. un gardien avec une gardienne de but)
- le même nombre de polis ti chiens que de polies tit chiennes
- et ainsi de suite

Avec notre plus grande considération,
Le groupe des mâles égalitaires binaires

Écrit par : Vaga Lum | vendredi, 02 juillet 2010

Bonjour,

Merci pour vos différents commentaires.

La parité est effectivement une mesure de "discrimination positive". Les Etats-Unis, qui ne sont pas un pays socialiste, connaissent de telles mesures, notamment dans le domaine de l'emploi, et ne s'en portent pas plus mal. Pour moi, ce type de mesures ne constitue pas un but en soi, mais un moyen transitoire utile surtout pour faire évoluer les mentalités. C'est une réalité que les femmes sont encore désavantagées en politique, car elles assument en général plus de tâches ménagères, n'ont pas eu l'occasion de se forger autant de réseaux socio-professionnels, etc.

Je ne comprends vraiment pas l'argument de la compétence. Comme s'il n'y avait pas assez de femmes compétentes pour occuper la moitié des sièges du Parlement. En vérité, les femmes sont précisément les seules à se poser la question de la compétence. Un homme ne se demandera jamais s'il a les compétences pour un poste. On ne dira jamais qu'il est un homme-alibi. Ironiquement, la parité pourrait peut-être changer ça.

Cela étant, j'ai un peu le sentiment que certains hommes ont surtout très peur de perdre une portion de leur pouvoir.

Quoi qu'il en soit, ce qui me choque surtout ce n'est pas le refus de la parité, que je peux comprendre, mais le refus de TOUTE mesure pour favoriser l'égalité "en fait" pourtant votée par la droite de la constituante. Un peu de cohérence serait tout de même souhaitable. Comment la droite peut-elle aller jusqu'à refuser que la loi encourage les partis à présenter des listes équilibrées, par exemple via des incitations financières? Pourquoi s'opposer au droit à une place de garde pour chaque enfant, au congé paternité, etc.? C'est cet ensemble de circonstances qui me font sérieusement douter de la volonté de certains de réaliser l'égalité.

Quant à l'argument sur les prétendues positions de tel ou tel juge socialiste, je rappellerai simplement que les juges sont indépendants des partis - heureusement -, ne reçoivent aucune forme d'instruction et ne font qu'appliquer la loi. Leurs décisions sont du reste sujettes à recours ou appel, et jusqu'à preuve du contraire le Tribunal fédéral qui juge en dernier ressort n'est pas une annexe du PS...

Bien à vous,

Écrit par : Cyril Mizrahi | vendredi, 02 juillet 2010

Merci de votre commentaire, et d'avoir passé les autres.

Personnellement je ne me sens pas menacé par le fait que les femmes prennent plus de place en politique. Je ne m'estime pas fait pour cela, pas assez compétent, trop entier. Et mes activités ne me permettraient pas de le faire. Fais-je partie des hommes qu'il faudrait inciter? ;o)

Mais bon, je préfère la motivation, l'envie, qu'une forme d'assistance. J'entends que vous ne le voyez pas ainsi, moi si. Peut-être ai-je tort, ou peut-être qu'un encouragement aurait réellement du sens. Mais je reste dans la conviction que ce n'est guère démocratique. Et en général on donne une assistance à une catégorie dont on estime qu'elle n'est pas capable par elle-même de prendre sa place. Cela me dérange de voir les femmes ainsi!

Pour les juges socialistes, elles sont malheureusement imprégnées de radical féminisme, l'homme est donc suspect par définition.

Bien à vous.

Écrit par : hommelibre | vendredi, 02 juillet 2010

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