jeudi, 26 août 2010

Une citoyenneté à deux vitesses?

Communiqué de presse du groupe socialiste pluraliste de l'Assemblée constituante du 26 août 2010 - La droite réclame toujours moins de démocratie, notamment, en cherchant à empêcher les fonctionnaires d'exercer leurs droits politiques !

L'été n'a malheureusement pas diminué les velléités de la droite de restreindre la démocratie et de céder à la gadgetomanie pour faire croire à la population qu'elle innove.

Réunie en date du 26 août 2010, la majorité de droite de l'Assemblée constituante a décidé à nouveau de désavouer le peuple qui avait voté, en 1998 à plus de 60%, la suppression de l'incompatibilité entre mandat de député au Grand Conseil et membre de la fonction publique. Selon le vote de ce jour, ces derniers devraient alors se retirer, le temps du mandat électoral, sans que l'Etat ne leur garantisse un poste équivalent à la fin dudit mandat. Il s'agit ici clairement d'une exclusion des droits politiques d'une catégorie de citoyen-nes. En outre, cette décision est en parfaite contradiction avec la volonté de l'Assemblée constituante, réunie avant les vacances, de maintenir un parlement de milice. Dès lors, pourquoi leur demander de choisir entre vie politique et vie professionnelle ?

La droite défend ce vote en soulignant les "conflits d'intérêts" potentiels importants. Or, les conflits d'intérêt potentiels abondent dans le secteur privé. Parmi les député-e-s siégeant actuellement au parlement, on retrouve, entre autres, le Directeur de la chambre de commerce et de l'industrie genevoise, le secrétaire général et une membre du comité de la Chambre genevoise immobilière, la présidente de la Fédération du Commerce Genevois qui est aussi présidente de l'Union des Intérêts de la Place Financière lémanique et trésorière de l'Union des Associations Patronales Genevoises, ou encore le secrétaire général de la Fédération des Métiers du Bâtiment Genève.

Le groupe socialiste pluraliste dénonce donc cette inégalité de traitement fondamentale entre le secteur public et le secteur privé. Ce d’autant que l’échelle des salaires de la fonction publique relève de la compétence du Conseil d’Etat et non du Grand Conseil. De même, notre groupe condamne la phobie d'innovation de la majorité de droite de l'Assemblée sur le mode d'élection du Grand Conseil. Le maintien du quorum à 7%, sans prévoir que les voix des listes n’obtenant pas le quorum soient réparties entre les autres listes apparentées, démontre que cette majorité se fiche d'une partie des électrices et électeurs, dont les votes tombent et tomberont encore aux oubliettes. Ce ne sont pas les propositions de législature à 5 ans ou d'élection au printemps qui permettront de sauver la future Constitution !

21:32 | Tags : fonction, publique, démocratie, quorum, apparentements | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer | |  Facebook | | |

Commentaires

Ouh la méchante droite... mais tiens, ça me rappel quelque chose:

C'est pas le PS, et notamment Roger Deney, qui ont déclaré incompatible le status de député et fonctionnaire de police ? Et ce pas plus tard que début 2010 ?

Alors il faudrait réfléchir un peu avant de ce lancer dans de mesquines manœuvres tactiques (les policiers visés était clairement MCG), ou maintenant vouloir récupérer les groupuscule d'extrême gauche sous-quota, et demain crier au scandale quand ce seront des groupuscules d'extrêmes droite qui en profiteront. Tout ça au détriment de la qualité des débats (qui n'est déjà pas fameuse).

Écrit par : Eastwood | vendredi, 27 août 2010

Cher Monsieur,

Je vous remercie de vos remarques très pertinentes.

Fondamentalement, le projet de M. Deneys est parfaitement légitime. On peut tout à fait se poser la question de l'interdiction de siéger d'une petite PARTIE des fonctionnaires, qu'ils aient un rôle d'autorité ou une fonction hiérarchique importante. Cela étant, le dépôt de ce PL n'était effectivement pas très adéquat, dans la mesure où la situation actuelle est tout à fait acceptable (le mieux est l'ennemi du bien). Pour être clair, il s'agit du reste d'une démarche individuelle de Roger Deneys, laquelle ne bénéficie pas de l'appui du PS.

Concernant la récupération des voix des listes qui n'atteignent pas le quorum, il s'agit d'un mécanisme logique, équilibré et légitime en soi, indépendamment du contexte politique. Il est révélateur à cet égard que même les "groupuscules" de gauche de la constituante l'aient soutenu, en dépit de la méfiance souvent entretenu à l'endroit du PS et des Verts. Si l'Entente "réussit" à s'apparenter avec l'UDC et le MCG, nous dénoncerons cette alliance pour des raisons politiques, parce que la droite modérée s'allie à des forces qui s'opposent à des principes fondamentaux de l'Etat de droit. Mais cela ne signifie nullement que nous remettrions alors en cause la récupération des voix dans l'apparentement. La comparaison avec l'AVIVO, le PDT ou Solidarités ne tient du reste politiquement pas la route, dans la mesure où ces partis, au delà des divergences avec nous, partagent les valeurs fondamentales de la démocratie et de l'Etat de droit, ce qui n'est pas le cas de l'extrême droite.

Bien à vous

Écrit par : Cyril Mizrahi | vendredi, 27 août 2010

Cher Cyril,
Merci de ce bref communiqué et de ton commentaire.
L'anonyme "Eastwood" devrait bien savoir que la "droite" ou la "gauche" ne sont ni méchantes ni gentilles... Mais, et c'est ce qui surprend bon nombre d'élus à la Constituante, la "droite" se comporte en plénière de façon rigide et dogmatique. Ses votes sont quasi-monolithiques, un peu comme le sont les votes au sein des pseudo parlements des états totalitaires... Ce qui a été élaboré en commission - dans un esprit constructif et avec la volonté de chercher et de trouver de larges compromis - est aujourd'hui détruit et démantelé systématiquement. Une attitude surprenante car elle conduit certains élus de "droite" (est-ce volontaire ou est-ce sous la contrainte de leurs appareils?) à renier en plénière certaines positions et certains votes qu'ils ont défendus en commission...
Cette attitude négative adoptée aujourd'hui par la "droite" mène certainement l'ensemble du processus constitutionnel à l'échec car elle interdit toute possibilité de compromis ultérieur. Il sera en effet impossible à la majorité de l'électorat genevois - et pas seulement à l'électorat de "gauche" - de soutenir un projet de Constitution en régression par rapport à l'actuel sur des points essentiels.
Pierre Gauthier, élu de l'AVIVO, président de la commission n°2 (droits politiques)

Écrit par : pierre gauthier | samedi, 28 août 2010

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