vendredi, 01 octobre 2010

La droite réintroduit le nucléaire à Genève et enterre un peu plus la nouvelle Constitution

Qu'elle paraît déjà loin, la séance de la Constituante de la semaine passée consacrée aux communes, avec sa discussion constructive ouvrant la voie à des réformes novatrices. La majorité de droite a refermé brutalement, hier soir, cette parenthèse positive. Retour à la case "25 mai"... Je reproduis dans les lignes qui suivent le communiqué que j'ai publié au nom du groupe socialiste pluraliste suite à la décision de la droite sur le nucléaire.

Le groupe socialiste pluraliste à la Constituante dénonce à nouveau l'attitude de la droite visant à bafouer les décisions du peuple genevois. En effet, non seulement l'Assemblée a refusé le maintien de la disposition actuelle, l’article 160 E, accepté en votation populaire en 1986 à une large majorité, mais en outre, elle a refusé la thèse votée en commission, qui cherchait, au moins, à traduire l'esprit de l'article actuel. Le verrou constitutionnel visant à affirmer qu'"à Genève, nous ne voulons pas de nucléaire", a sauté, puisque la droite, dont certain-e-s représentant-e-s prétendent sournoisement s’opposer au nucléaire, a fait passer une thèse qui permettrait l'installation de centrales nucléaires, de dépôts radioactifs et d'usines de retraitement dans le canton de Genève.

Par ailleurs, les SIG pourraient désormais pratiquer des tarifs dégressifs au profit des grandes entreprises qui consomment le plus d’énergie mais au détriment de la population et des économies d’énergie. L’entreprise publique pourrait en outre à nouveau acheter de l’énergie nucléaire – ce dont les producteurs d’atome ne manquent pas de se réjouir. Ainsi, l’hypocrisie dont les Libéraux accusent la disposition actuelle est bel et bien du côté de ceux qui consentent à ce que des centrales et installations de traitement des déchets soient construites, si ce n’est à Genève, en tout cas un peu plus loin. Car en vérité personne n’a envie de vivre à côté de telles installations.

Pourtant, Genève se passe depuis de nombreuses années de cette énergie dangereuse et dont on ne sait pas traiter les déchets autrement qu’en les confinant, hypothéquant ainsi l’avenir et les générations futures. Dans Le Temps du 30 septembre, le directeur du pôle clients des SIG est clair : «SIG n’achète plus de nucléaire depuis 2002. (…) A titre personnel, j’estime que sans pression du marché et du pouvoir législatif, on aura tendance à choisir la facilité et à cesser de produire du renouvelable. Si on veut véritablement sortir du nucléaire et éviter la construction d’une, voire deux centrales, il faut mettre le paquet sur les économies d’énergie et le renouvelable.» Fort de cette conviction, le Parti socialiste suisse récolte du reste actuellement des signatures pour l'Initative Cleantech, qui propose de créer de nouveaux emplois en investissant dans les énergies renouvelables et les technologies propres.

En choisissant de rouvrir à Genève la porte au nucléaire, un signal politique catastrophique pour toute la Suisse, la droite persiste et signe dans sa volonté de se mettre à dos toute la population: après les femmes, les locataires, les fonctionnaires, c'est maintenant la politique environnementale, de préservation et renouvellement des ressources qui est attaquée de plein fouet. Dans ces conditions, le groupe, en concertation avec le PS, décidera de la suite à donner à cette volonté délibérée de la droite de proposer au peuple un projet rétrograde voué à l’échec.

Cyril Mizrahi, chef du groupe socialiste pluraliste

15:48 | Tags : constituante, constitution, énergie, nucléaire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | |

Les commentaires sont fermés.