dimanche, 14 novembre 2010

Constituante: La droite refuse le droit aux conditions minimales d’existence

La majorité de droite de l'Assemblée constituante a refusé hier quasi toutes les innovations en matière sociale et familiale. Par ailleurs elle a décidé d'envoyer à la population un message très clair concernant les personnes en situation de précarité. Ont été balayées: tant la proposition majoritaire de commission, confirmant l'inscription du principe fondamental de droit de toute personne aux moyens pour mener une existence conforme à la dignité humaine, que l'amendement socialiste pluraliste visant à préciser les droits concernés (notamment, alimentation, habillement, soins et logement convenable).

Ce mépris pour toute personne dans la précarité n'est pas admissible, ce d'autant que cette même droite avait accepté l'introduction d'autres droits fondamentaux figurant dans la Constitution fédérale, tels que la liberté économique ou le droit au respect de la vie privée. Ce choix arbitraire et cette sélection des droits et libertés qui peuvent être repris dans la Constitution genevoise démontrent le peu d'importance accordé au droit social le plus fondamental, celui qui est lié à la dignité humaine.

Cette banalisation n'est donc pas anodine et s'inscrit dans une démarche que le groupe socialiste pluraliste dénonce et qui consiste à déresponsabiliser de manière systématique l'Etat vis-à-vis des plus faibles, mais également de la population.

Cette fermeture de l'Assemblée aux questions sociales s'est confirmée au moment de voter et de débattre des questions liées à la famille, et plus particulièrement, à la petite enfance.

Le groupe socialiste pluraliste a proposé ou soutenu diverses mesures qui permettraient de concilier vie professionnelle et vie familiale : l'allongement de l’assurance maternité à 24 semaines, la création d'un revenu parental, au moins pour une certaine durée, la reconnaissance du droit aux allocations familiales selon le principe « un enfant, une allocation », ou encore le droit à un place d’accueil de jour pour chaque enfant en âge préscolaire. Ces prestations sont fondamentales pour le bien-être social. Dès lors, la déception a été grande hier, notamment vis-à-vis des élu-e-s du PDC qui auraient pu jouer un rôle pivot, reprendre leur place de parti du centre et montrer qu'ils étaient prêts à passer de la parole aux actes sur ce chapitre au moment des votes.

Cela étant, il convient de souligner l'acceptation par la majorité de l'Assemblée de l'encouragement à l’introduction d'un salaire parental à partir du 2ème enfant. Toutefois, il s'agit de la seule thèse novatrice permettant de donner à l'Etat les moyens de ses ambitions et de soutenir les familles en mettant en place des mesures concrètes, qui ont certes un coût, mais dont l'efficacité a déjà été prouvée dans de nombreux pays, notamment en Allemagne et en Scandinavie.

Enfin, le groupe se réjouit de l'inscription dans le projet de l'assurance maternité telle que pratiquée à Genève (16 semaines) dans la future Constitution, malgré la volonté avouée des lobbys économiques d'attaquer cette "genevoiserie" en refusant la thèse y relative.

 

Cyril Mizrahi, chef du groupe socialiste pluraliste - Communiqué du groupe socialiste pluraliste de l'Assemblée constituante du 12 novembre 2010

Commentaires

J'ai suivi les débats sur Léman Bleu. J'ai surtout vu que, à une voix près, l'Assemblée a accepté l'intégration des personnes vulnérables, en dépit des efforts de la droite pour refuser cette thèse.

Je suis étonné que vous n'en souffliez mot. Est-ce parce que ce vote a été obtenu à une voix près, dont celle de Solly Pardo ?

Écrit par : Philippe Marton | dimanche, 14 novembre 2010

Bonsoir Monsieur Mizrahi,
À quoi bon encore de batailler pour cette nouvelle constitution alors qu’elle sera très certainement refusée par les citoyennes et citoyens en 2012. Plus personne n’y croit. Plus personne ne s'intéresse à ces débats stériles.
Loin d’être contre une nouvelle constitution, car celle d'aujourd'hui mérite d’être dépoussiérée. Mais le seul fait que les partis politiques s’en mêlent, et ce sera la gabegie assurée induisant des énergies et des dépenses inutiles.
Ne nous dites pas qu'il n'est pas possible d'élaborer une nouvelle constitution sans les partis politiques. Ne nous dites pas qu'on ne trouvera pas des citoyennes et citoyens intelligents, ouverts, de tous milieux socioprofessionnels pouvant s'atteler à cette œuvre honorable.
L'intelligence n'est pas l'apanage des partis politiques. C'est le moins que l'on puisse dire au vu de ce qui se passe actuellement.

Écrit par : Benoît Marquis | dimanche, 14 novembre 2010

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