mercredi, 24 septembre 2014

Budget 2015: il est où le p*** d'équilibre des sacrifices?

Lorsqu'on dit que ce projet de budget 2015 est antisocial, ce n'est pas juste une formule. Plus les revenus sont bas, plus le budget du Conseil d'Etat propose une diminution élevée: pour les personnes à l'aide sociale, moins 150 fr., soit de l'ordre de 10%. Pour les bénéficiaires des PC, entre 50 et 150 francs, de l'ordre de 3%, pour les couples qui gagnent entre 47'000 et 61'000 fr, moins 80 fr/mois (deux subsides LAMal à 40 fr.), soit entre 1,5 et 2%. Sans compter, comme l'explique ma collègue Jocelyne Haller dans le Courrier, la diminution de l'aide personnalisée au logement...

Il est donc logique qu'on nous propose de bientôt baisser massivement la fiscalité des entreprises (presque - 10% d'impôt sur le bénéfice), pour que les revenus élevés puissent quant à eux augmenter encore! Alors moi je me demande: il est où le p*** d'équilibre des sacrifices, hein? Excusez cette soudaine vulgarité, mais ça me met en colère. Pourquoi ne proposer que de timides PISTES (et non de vraies mesures tangibles) en termes d'augmentation des ressources, portant essentiellement sur des augmentations d'émoluments?

Imagine-t-on demander à un foyer qui gagne par ex. 30'000 fr./mois une contribution correspondant à 10% de son revenu, soit une baisse de revenu de 3'000 fr./mois? Pourtant, c'est un effort bien plus important qu'on demande à celles et ceux qui sont en bas de l'échelle et consacrent la majeure partie sinon la totalité de leurs revenus à couvrir leurs besoins de base. A l'opposé, lorsque l'on bénéficie de très hauts revenus, une partie importante va non seulement à la consommation de biens de luxe, mais à l'épargne et aux placements.

Face à de telles évidences, la majorité du Conseil d'Etat mène non seulement une politique axée sur l'amaigrissement de l'Etat, mais aussi sur l'accroissement des inégalités, puisqu'elle appauvrira les bas et moyens revenus et améliorera la situation de celles et ceux qui sont en haut de l'échelle des revenus. Madame Emery-Torracinta  ("même dans le contexte financier difficile du canton, il y a des choix que je n’aurais pas proposés et qui vont effectivement toucher durement les plus démunis.") et Monsieur Hodgers ("Ce budget comprend effectivement certaines mesures qui ne correspondent pas à ma vision de l’Etat social.") ont heureusement dit dans le Courrier en termes sans doute collégiaux mais extrêmement clairs leur désaccord.

Je l'ai dit à la Tribune, il est vrai que la suppression de l'affranchissement des enveloppes de retour pour le vote paraît en comparaison de l'ordre de l'anecdote. Elle est cependant l'illustration d'un manque de vision politique globale. En compliquant l'acte de voter, on donne un très mauvais signal du point de vue de l'encouragement à la participation citoyenne.

Les coupes dans les prestations complémentaires cantonales constituent également un exemple de la même absence de vision à long terme. Comme je l'ai expliqué au Courrier, la majorité du Conseil d'Etat ne se contente pas d'être dépourvue d'une véritable politique inclusive dans le domaine du handicap, il a maintenant décidé de contribuer à l'exclusion des bénéficiaires des PC en rabotant leurs ressources, ce qui limitera de fait leurs seules possibilités d'intégration sociale (concrètement, sortir de chez soi pour rencontrer des amis, assister à un spectacle, etc.) et renforcera donc leur isolement.

Autant de raisons d'amender ce budget en l'état inacceptable, en proposant par exemple de renoncer au 14e salaire pour les hauts cadres, ou des recettes nouvelles, ne serait-ce qu'un pour-cent d'impôt sur le revenu supplémentaire ou la suppression du bouclier fiscal!

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mercredi, 10 septembre 2014

Loi sur la police: de réels progrès

Loin des effets de manche ridicules et de l'instrumentalisation politique de la police par certains qui s'en prétendent les porte-parole, il y a la réalité du travail parlementaire pour aboutir à une loi certes pas parfaite, mais meilleure que la version actuelle, avec notamment l'obligation du port du matricule et la stricte limitation des mandats à des sociétés de sécurité privée, actuellement trop répandus, en particulier pour le convoyage des détenus.

Comme le relève le PS dans son communiqué, notre groupe a donc non seulement supprimé les éléments négatifs du projet initial (absence de concertation sur la réforme de la grille salariale, ratio fantaisiste de nombre de policiers dans la loi, contrats de travail de droit privé), mais aussi obtenu de réels progrès (voir également le résumé paru sur le site TDG). Je me réjouis donc d'avoir contribué à ce résultat et j'ai voté cette loi sans hésiter, malgré quelques défauts qui subsistent.

Dans l'article consacré aux réactions des associations de policiers paru aujourd'hui, je ne comprends pas très bien comment la journaliste arrive à parler "d'adoption au forceps" vu le nombre d'heures consacrées à ce débat. En réalité, le MCG a retiré tous ses amendements et a même voté le contraire de qu'il pensait sur l'inscription dans la loi de la nationalité suisse pour les policiers, juste pour pouvoir ensuite dire que cette loi permettrait l'engagement de frontaliers (sous entendu Français, ce qui est bien entendu faux, le critère de la nationalité figurant désormais dans un règlement)..

Et que penser de la prétendue "insatisfaction" du GAP dont parle encore l'article? «Le compromis trouvé ne nous satisfait pas complètement, mais nous respectons le travail de la députation», exprime Marc Baudat, secrétaire général de l'UPCP. (...) Nous sommes satisfaits de voir que le Grand Conseil a reconnu les spécificités de notre métier. (...) L’UPCP n’est pas le MCG. Cela me fatigue que ce parti s’associe à nous. Je ne tolère en aucun cas que quelqu’un utilise notre logo sans notre accord».

La réalité est donc un peu différente de ce que la lectrice ou le lecteur distrait pourrait penser en ne lisant que le titre et les premières lignes...

Pour finir, je suis assez surpris des déclarations du président du SPJ sur la commission du personnel introduite par la nouvelle loi. Cela fait plus de deux mois qu'on en parle, et je n'ai jamais entendu une telle critique, au contraire. Du reste, pourquoi s'opposer soudain à une telle commission avant même sa mise en place, si 95% du personnel est représenté par les associations existantes? Elles y auront donc toute leur place, aux côtés du personnel administratif et des ASP que le GAP n'a pas vocation à représenter.

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