vendredi, 05 novembre 2010

Votations sur le renvoi: le PS dit 2XNON, la direction nationale brouille le message

En principe, je réserve mes (rares) critiques de la direction de mon parti bien-aîmé... à la direction elle-même. Il n'est jamais bon d'afficher des divisions internes. C'est pourtant ce qu'a choisi de faire la direction du PSS. Il est en général sage de ne pas imiter ce que l'on reproche à d'autres. 99 fois sur 100, je m'y tiens, et tiens ma langue. Mais en lisant les médias qui se font l'écho de la conférence de presse du PS suisse de ce matin, je ne peux pas me taire. Je suis ulcéré.

Je n'en crois pas mes yeux: c'est la première fois que je vois la direction du PSS communiquer de manière si floue, en relayant à la fois les arguments des partisans et des opposants au contre-projet sur le renvoi. La position de la base est pourtant claire: c'est deux fois non à la double peine et à la stigmatisation des étrangers, par 288 voix contre 144. A Genève, le 2xNON a été décidé à l'unanimité!

C'est le crime qui doit être puni, et ce de la même manière quelle que soit l'origine de la personne qui le commet. Ni l'initiative ni le contreprojet n'apporteront davantage de sécurité à la population, mais les étrangers qui commettent un crime, en plus de s'acquitter de leur peine de prison, seront systématiquement expulsés, y compris celles et ceux nés ici. Contrairement aux Suisses, il n'auront pas de seconde chance. Un examen au cas par cas ne sera plus possible, même avec le contre-projet.

Que des élu-e-s du PS veuillent délibérément brouiller le message clair de la base en organisant une conférence de presse pour défendre le OUI au contre-projet sur les renvois, c'est déjà irresponsable. Mais que la direction du PSS en assure l'organisation et ne respecte pas le mandat de la base de dire 2xNON, c'est méprisant pour la démocratie interne et dangereux pour la cohésion et la crédibilité du PS.

Comment les électeurs et électrices vont-ils s'y retrouver s'ils reçoivent d'un même parti national deux messages contradictoires sur le même objet?

En l'occurrence, le PS Suisse et le PS genevois disent clairement 2xNON le 28 novembre et je vous encourage à en faire de même. Merci de soutenir également l'Appel des voisins en ce sens!

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jeudi, 04 novembre 2010

Constituante: La droite veut privatiser les HUG!

Réunie en date du 4 novembre 2010, la majorité de droite de l'Assemblée constituante s'est à nouveau prononcée contre les services publics !

Elle a aujourd'hui refusé la thèse majoritaire de commission, mûrement négociée, énonçant que: "Les établissements publics médicaux sont des organismes de droit public." La droite ne manquera pas de chercher à démentir ce projet de démantèlement du service public, mais ce sont pourtant ses élus, parmi lesquels le médecin libéral Bordier, qui ont défendu en plénière que l'Etat ne doit pas avoir un rôle de gestionnaire, mais uniquement de surveillance.

La droite manifeste ainsi sa volonté de privatisation des services publics, après avoir refusé, le 16 septembre dernier, le maintien, dans la Constitution, des établissements publics autonomes et des principes définissant la fourniture de services essentiels à la population. Le groupe socialiste pluraliste avait déjà alerté la population sur ce vote et sur les risques d'attaques renouvelées, relatifs aux établissements qui répondent à des besoins fondamentaux, dont la pérennité doit être garantie.

De mannière hypocrite, certains constituants prétendent que l’existence des HUG serait « évidente ». Alors pourquoi ne pas prévoir une disposition prévoyant au chapitre des missions de l’Etat l’existance d’un service public de la santé ? En réalité, la droite juge apparemment que la traversée de la rade, par exemple, est un sujet plus important. Pourtant, le danger d’une privatisation est bien réel. Partout dans le monde, il existe des exemples de bradage du service public : l’Etat met à disposition de privés des infrastructures financées par nos impôts, versant en plus une confortable contribution aux « délégataires » pour des prestations chères et de piètre qualité. Est-ce cela que nous voulons ? Un système de santé réservé à une élite ?

La population a démontré à plusieurs reprises, entre autres par les urnes, son attachement au service public que l'on ne saurait ignorer et ce nouveau camouflet exprime à nouveau la légèreté de la majorité de droite.

Cyril Mizrahi, chef du groupe socialiste pluraliste - Communiqué du groupe socialiste pluraliste de l'Assemblée constituante du 4 novembre 2010

jeudi, 07 octobre 2010

Constituante: les amendements socialistes en matière d'économie, de travail et de logement

Face à la droite qui vise à imposer un projet unilatéral et rétrograde de Constitution, les Socialistes pluralistes résistent et proposent des alternatives. Pour en juger, je vous propose ci-dessous la liste des amendements que j'ai déposés aujourd'hui avec mes collègues Roberto Baranzini, Maurice Gardiol (socialistes pluralistes), ainsi que Jérôme Savary (Verts et Associatifs) sur les thèmes de l'économie, de l'emploi et du logement.

 

Economie

L’Etat encourage le développement de l’activité économique, l’innovation et la création d’emplois librement consentis au sein d’entreprises :

a) poursuivant des intérêts collectifs ou un but d’intérêt public ou social,

b) sans but lucratif ou à lucrativité limitée,

c) organisées de manière démocratique et/ou participative.

 

Participation des travailleurs-euses

Les collectivités publiques favorisent la participation des travailleurs et des travailleuses au sein des entreprises.

 

Droits des travailleurs-euses

Toute personne a le droit de gagner sa vie par un travail librement choisi ou accepté.

Toute personne qui travaille a droit à des conditions de travail qui respectent sa santé, sa sécurité et son intégrité physique et psychique, ainsi qu’à la limitation raisonnable du temps de travail et aux jours fériés et congés payés.

 

Conditions de travail

Afin d’assurer dans chaque branche d’activité un salaire et des conditions de travail décentes et équitables, l’Etat adopte des contrats-type de travail et étend le champ d’application des conventions collectives de travail.

Seules les entreprises et entités qui garantissent effectivement des conditions de travail et de salaire décentes et équitables, respectant en tous les cas au minimum les normes et usages applicables dans la branche concernée, peuvent recevoir une aide de l’Etat, exercer une activité soumise à autorisat ion ou bénéficier de mandats publics.

 

Egalité et non discrimination

L’égalité de tous les travailleurs et travailleuses est garantie. Toute inégalité dans l’embauche, les rapports de travail, de stage ou d’apprentissage, la formation et le perfectionnement professionnel, est interdite. Ne constitue pas une inégalité les mesures appropriées visant à promouvoir l’égalité de fait.

Les collectivités publiques prennent des mesures pour lutter contre toute forme de discrimination et pour garantir l’égalité, notamment entre femmes et hommes, ainsi que l’intégration des minorités dans le monde du travail.

La loi prévoit des mesures positives destinées à compenser les inégalités (affirmative action).

La loi prévoit des incitations et compensations pour les employeurs publics ou privés qui favorisent l’égalité en général, notamment en engageant et en maintenant en emploi des personnes handicapées.

La loi prévoit des règles applicables aux entités publiques ou privées dont l’activité est soutenue ou autorisée par les collectivités publiques du canton ou qui bénéficient de mandats publics, notamment concernant la procédure et les sanctions en cas de discrimination ou d’inégalité.

 

Salaire minimum

L’Etat institue un salaire minimum cantonal dans tous les domaines d’activité économique, en tenant compte des secteurs économiques ainsi que des salaires fixés dans les conventions collectives, afin que toute personne exerçant une activité salariée puisse disposer d’un salaire lui garantissant des conditions de vie décentes.

 

Droit au logement

Le droit au logement est garanti.

Toute personne a droit, à des conditions abordables, de disposer, pour elle-même et sa famille, d’un logement décent et approprié, qui réponde aux normes de l'hygiène et du confort et qui préserve l'intimité personnelle et familiale.

L’autorité chargée de l’exécution forcée d’une évacuation doit préalablement veiller au relogement des personnes concernées. Le dommage subi par la personne requérant l'exécution forcée est compensé si nécessaire par une indemnité.

21:35 | Tags : constituante, constitution, économie, travail, logement, ess | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer | |  Facebook | | |

mardi, 05 octobre 2010

Constituante: Lettre ouverte à Pascal Décaillet, chantre de Dark Vador et des lendemains qui déchantent

Décaillet.jpgCher Monsieur Décaillet,

Rédiger des commentaires pamphlétaires pour défendre le "Côté obscur de la Force", défendre un projet rétrograde qu'au fond seul un parti d'extrême droite, en déconfiture à Genève (ne vous en déplaise), est actuellement en mesure de soutenir*, quand bien même il s'est opposé au processus de révision constitutionnel, c'est votre droit. Cela étant, prétendre à tort et à travers que la gauche est mauvaise perdante et antidémocratique est une escroquerie intellectuelle. Vous prétendez substituer la volonté de la majorité réactionnaire de l'Assemblée à la seule majorité qui compte en démocratie. celle du peuple.

Parce que vous savez que cette majorité populaire vous donnera tort, à vous et à tous ceux qui veulent, comme vous avez au moins l'honnêteté de le reconnaître, le démantèlement du droit et le retour à l'Etat de police où le faible est livré à l'arbitraire du fort**, vous prétendez que la droite ultraconservatrice et revancharde de ce canton a, elle, le DROIT de se faire plaisir pendant 6 mois de plénières, adoptant un texte dont elle sait pertinemment qu'il n'a aucune chance, nous faisant ainsi perdre notre temps, et au contribuable son argent que d'ordinaire les gens de votre bord prétendent si précieux. Est-il besoin de rappeler qu'une année de Constituante coûte 4 millions de francs au contribuable?

C'est vrai, ces affrontements stériles sont sans doute plus vendeurs que tenter de tisser patiemment un compromis, comme nous l'avons essayé au sujet des communes. Heureusement pour vous qui voulez en découdre avec celles et ceux qui ont le tort d'avoir un idéal de justice plutôt que d'obscurantisme, la droite libérale n'est prête au compromis que lorsqu'elle ne peut compter sur le soutien des forces d'extrême droite. La Sainte-Alliance libérale-conservatrice étant désormais reformée pour défaire ce que le peuple a fait, réjouissez-vous: la chasse aux oiseaux de bon augure, adeptes de lendemains qui chantent, est à nouveau ouverte.

Social-démocratiquement vôtre,

Cyril Mizrahi, chef du groupe socialiste pluraliste à la Constituante

 

* La droite libérale, quant à elle, ne soutient pas plus que la gauche le projet en l'état, car elle s'oppose à l'élargissement des droits démocratiques et à la baisse, pourtant adoptée démocratiquement en plénière, du nombre de signatures pour les référendums et initiatives.

** « Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit » Jean-Baptiste Henri Lacordaire, en religion le père Henri-Dominique Lacordaire, (1802-1861), religieux, prédicateur, journaliste et homme politique français.

vendredi, 01 octobre 2010

La droite réintroduit le nucléaire à Genève et enterre un peu plus la nouvelle Constitution

Qu'elle paraît déjà loin, la séance de la Constituante de la semaine passée consacrée aux communes, avec sa discussion constructive ouvrant la voie à des réformes novatrices. La majorité de droite a refermé brutalement, hier soir, cette parenthèse positive. Retour à la case "25 mai"... Je reproduis dans les lignes qui suivent le communiqué que j'ai publié au nom du groupe socialiste pluraliste suite à la décision de la droite sur le nucléaire.

Le groupe socialiste pluraliste à la Constituante dénonce à nouveau l'attitude de la droite visant à bafouer les décisions du peuple genevois. En effet, non seulement l'Assemblée a refusé le maintien de la disposition actuelle, l’article 160 E, accepté en votation populaire en 1986 à une large majorité, mais en outre, elle a refusé la thèse votée en commission, qui cherchait, au moins, à traduire l'esprit de l'article actuel. Le verrou constitutionnel visant à affirmer qu'"à Genève, nous ne voulons pas de nucléaire", a sauté, puisque la droite, dont certain-e-s représentant-e-s prétendent sournoisement s’opposer au nucléaire, a fait passer une thèse qui permettrait l'installation de centrales nucléaires, de dépôts radioactifs et d'usines de retraitement dans le canton de Genève.

Par ailleurs, les SIG pourraient désormais pratiquer des tarifs dégressifs au profit des grandes entreprises qui consomment le plus d’énergie mais au détriment de la population et des économies d’énergie. L’entreprise publique pourrait en outre à nouveau acheter de l’énergie nucléaire – ce dont les producteurs d’atome ne manquent pas de se réjouir. Ainsi, l’hypocrisie dont les Libéraux accusent la disposition actuelle est bel et bien du côté de ceux qui consentent à ce que des centrales et installations de traitement des déchets soient construites, si ce n’est à Genève, en tout cas un peu plus loin. Car en vérité personne n’a envie de vivre à côté de telles installations.

Pourtant, Genève se passe depuis de nombreuses années de cette énergie dangereuse et dont on ne sait pas traiter les déchets autrement qu’en les confinant, hypothéquant ainsi l’avenir et les générations futures. Dans Le Temps du 30 septembre, le directeur du pôle clients des SIG est clair : «SIG n’achète plus de nucléaire depuis 2002. (…) A titre personnel, j’estime que sans pression du marché et du pouvoir législatif, on aura tendance à choisir la facilité et à cesser de produire du renouvelable. Si on veut véritablement sortir du nucléaire et éviter la construction d’une, voire deux centrales, il faut mettre le paquet sur les économies d’énergie et le renouvelable.» Fort de cette conviction, le Parti socialiste suisse récolte du reste actuellement des signatures pour l'Initative Cleantech, qui propose de créer de nouveaux emplois en investissant dans les énergies renouvelables et les technologies propres.

En choisissant de rouvrir à Genève la porte au nucléaire, un signal politique catastrophique pour toute la Suisse, la droite persiste et signe dans sa volonté de se mettre à dos toute la population: après les femmes, les locataires, les fonctionnaires, c'est maintenant la politique environnementale, de préservation et renouvellement des ressources qui est attaquée de plein fouet. Dans ces conditions, le groupe, en concertation avec le PS, décidera de la suite à donner à cette volonté délibérée de la droite de proposer au peuple un projet rétrograde voué à l’échec.

Cyril Mizrahi, chef du groupe socialiste pluraliste

15:48 | Tags : constituante, constitution, énergie, nucléaire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | |

mercredi, 22 septembre 2010

Pour une nouvelle organisation du territoire genevois !

Le groupe Socialiste pluraliste salue la première orientation votée lors de l'Assemblée plénière du 21 septembre 2010, visant à créer des districts communaux dans le canton de Genève. Ce choix s'est opéré de façon judicieuse, afin de sortir du statu quo actuel, de refuser le démantèlement de la Ville de Genève et de proposer, avant tout, un regroupement de communes cohérent et efficace pour l'organisation politique du canton.

Pour la première fois, huit groupes politiques (SP, V&A, ASG, PDC, R&O, GEA, L&I, MCG) ont accepté d’entrer en matière sur un projet original, celui de créer des districts. Cette proposition émane au départ d’un rapport de minorité des membres socialistes de la commission chargée de la réorganisation des communes. Peut-être s’agit-il d’un premier signal d’un dialogue possible entre diverses forces politiques en vue de présenter à la population un projet innovant.

Pour le groupe socialiste pluraliste, le soutien à la création de districts se fonde sur les constats suivants :

- aujourd'hui, il y a de plus en plus inadéquation entre les structures politiques et la réalité du territoire vécue par la population, aussi bien en matière économique, de logement ou encore de mobilité dans la Région

- les communes souhaitent bénéficier de plus d'autonomie et de compétences

- les communes sont très hétérogènes et ce déséquilibre conduit à de grandes difficultés dans la répartition et la réalisation des tâches et empêchent les communes de recevoir des compétences supplémentaires

- la population est également victime d'importantes inégalités fiscales, dans le même canton

- la population est attachée, historiquement, à ses communes, qui remplissent un rôle identitaire et de proximité important.

Par conséquent, notre groupe soutient la réorganisation du territoire suivante, adoptée aujourd'hui, et résultat d'un dialogue commun entre huit groupes de l'Assemblée constituante, souhaitant avancer conjointement :

Les districts sont conçus sur la base des 45 communes actuelles, qui seront regroupées en 4 à 8 districts. La Ville de Genève constituerait un district en soi, et les autres districts seraient de taille variable, regroupant les communes en unités d'environ 20'000 à 50'000 habitants. La procédure de ces regroupements se ferait sur une base volontaire, permettant ainsi aux communes de s'auto-organiser, durant une période de 5 ans. Passé ce délai, le Grand Conseil aurait alors la charge de les définir, si tel n'était pas le cas.

En outre, le groupe socialiste pluraliste souhaiterait que l'Assemblée constituante adopte, par la suite, les propositions suivantes qui sont illustrées dans le document ci-joint (non soumises au vote à ce jour). A l'horizon 2019, les Genevois-e-s connaîtraient une nouvelle organisation territoriale, avec de nouvelles autorités, celles des districts, qui se substitueront aux Conseils municipaux et aux Conseillers administratifs actuels. Toutefois, les communes subsisteraient comme lieu privilégié garant de relations de proximité entre l'Etat (administration) et la population.

Les communes transfèreraient l'intégralité de leurs compétences aux districts, ainsi que l'ensemble des responsabilités politiques. Seraient créées de nouvelles instances politiques de district, délibératives et exécutives et une autorité exécutive pour chaque commune, issue des élu-e-s au délibératif du district. Il n'y aurait donc pas de double élection et pas de nouvelle strate politique, mais simplement une transformation des institutions actuelles.

Ces nouvelles entités auraient une taille plus proche de celle de la Ville de Genève, et surtout, elles auraient un pouvoir comparable. Les acteurs institutionnels communaux seraient alors plus homogènes. Enfin, la population genevoise jouirait d'une meilleure égalité de traitement, non seulement, grâce à l'harmonisation des questions fiscales et budgétaires, notamment par le respect des capacités contributives de chacun, mais aussi, par de meilleures prestations publiques, plus efficaces et plus efficientes.

Cyril Mizrahi, chef du groupe socialiste pluraliste - Communiqué du groupe Socialiste pluraliste de l'Assemblée constituante du 21 septembre 2010

08:41 | Tags : territoire, communes, districts | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | |  Facebook | | |

vendredi, 17 septembre 2010

"Genève, un monde en soi" !

Communiqué de presse du groupe socialiste pluraliste de l'Assemblée constituante du 17 septembre 2010 - Une Genève repliée sur elle-même et coupée de sa Région: c'est le sens que la majorité des élu-e-s à la Constituante semble vouloir donner à la nouvelle marque genevoise!

Le groupe socialiste pluraliste à la Constituante tire un bilan plus que mitigé de la séance plénière d'hier, notamment, des premiers débats sur l'organisation territoriale et les relations extérieures.

En effet, la majorité de cette Assemblée a décidé hier soir de balayer la majorité des propositions les plus novatrices concernant la Région franco-valdo-genevoise: politique active pour la création d'une véritable assemblée interrégionale élue, développement et soutien du dialogue avec les élu-e-s régionaux (postes d'observateurs au Grand Conseil) et création d'un ombudsman pour la Région.

Le groupe regrette ainsi le manque de vision politique de cette majorité et ses blocages face à toute innovation pour concrétiser une véritable politique régionale, pourtant plus que jamais nécessaire aujourd'hui. Elle rate donc à nouveau l'occasion de respecter le peuple genevois qui l'a élue pour rédiger une Constitution moderne et visionnaire!

Concernant les votes sur le rapport 304 ("Etablissements de droit public autonomes et Organes de surveillance"), le groupe salue l'acceptation d'une définition claire du service public et la volonté de maintenir une représentativité des opinions et des sensibilités parmi les membres des conseils des établissements de droit public autonomes, représentativité à laquelle la population est très attachée. Cependant, le groupe regrette, à nouveau, le refus d'une thèse visant à y voir une représentation plus équilibrée des femmes (au moins 40%).

Aussi, il invite la population à rester attentive à la suite des travaux dans ce domaine. Certes, l’Assemblée a accepté d’assortir la disposition sur le service public d’une autre fixant un cadre stricte en matière de délégation des tâches publiques (nécessité d’une base légale formelle notamment). Toutefois, elle a refusé d’exclure explicitement la délégation de fonctions d’autorité.

Par ailleurs, l'Assemblée a, à ce stade, refusé le maintien, en bloc, de la liste des établissements publics autonomes et des principes définissant la fourniture de services essentiels à la population, tels que les Services industriels de Genève, les Transports publics, ou encore les Etablissements publics médicaux. Mais les débats sur les rapports de la commission 5, sur les tâches de l'Etat, permettront de revenir sur ces établissements qui répondent à des besoins fondamentaux, dont la pérennité doit être garantie. La population a démontré à plusieurs reprises, entre autres par les urnes, son attachement au service public que l'on ne saurait ignorer.

Blocages systématiques face aux innovations et remise en cause d’acquis populaires, la droite doit comprendre qu’une telle stratégie conduira malheureusement mais inévitablement à un échec du projet. Il est grand temps de changer de direction.

jeudi, 26 août 2010

Une citoyenneté à deux vitesses?

Communiqué de presse du groupe socialiste pluraliste de l'Assemblée constituante du 26 août 2010 - La droite réclame toujours moins de démocratie, notamment, en cherchant à empêcher les fonctionnaires d'exercer leurs droits politiques !

L'été n'a malheureusement pas diminué les velléités de la droite de restreindre la démocratie et de céder à la gadgetomanie pour faire croire à la population qu'elle innove.

Réunie en date du 26 août 2010, la majorité de droite de l'Assemblée constituante a décidé à nouveau de désavouer le peuple qui avait voté, en 1998 à plus de 60%, la suppression de l'incompatibilité entre mandat de député au Grand Conseil et membre de la fonction publique. Selon le vote de ce jour, ces derniers devraient alors se retirer, le temps du mandat électoral, sans que l'Etat ne leur garantisse un poste équivalent à la fin dudit mandat. Il s'agit ici clairement d'une exclusion des droits politiques d'une catégorie de citoyen-nes. En outre, cette décision est en parfaite contradiction avec la volonté de l'Assemblée constituante, réunie avant les vacances, de maintenir un parlement de milice. Dès lors, pourquoi leur demander de choisir entre vie politique et vie professionnelle ?

La droite défend ce vote en soulignant les "conflits d'intérêts" potentiels importants. Or, les conflits d'intérêt potentiels abondent dans le secteur privé. Parmi les député-e-s siégeant actuellement au parlement, on retrouve, entre autres, le Directeur de la chambre de commerce et de l'industrie genevoise, le secrétaire général et une membre du comité de la Chambre genevoise immobilière, la présidente de la Fédération du Commerce Genevois qui est aussi présidente de l'Union des Intérêts de la Place Financière lémanique et trésorière de l'Union des Associations Patronales Genevoises, ou encore le secrétaire général de la Fédération des Métiers du Bâtiment Genève.

Le groupe socialiste pluraliste dénonce donc cette inégalité de traitement fondamentale entre le secteur public et le secteur privé. Ce d’autant que l’échelle des salaires de la fonction publique relève de la compétence du Conseil d’Etat et non du Grand Conseil. De même, notre groupe condamne la phobie d'innovation de la majorité de droite de l'Assemblée sur le mode d'élection du Grand Conseil. Le maintien du quorum à 7%, sans prévoir que les voix des listes n’obtenant pas le quorum soient réparties entre les autres listes apparentées, démontre que cette majorité se fiche d'une partie des électrices et électeurs, dont les votes tombent et tomberont encore aux oubliettes. Ce ne sont pas les propositions de législature à 5 ans ou d'élection au printemps qui permettront de sauver la future Constitution !

21:32 | Tags : fonction, publique, démocratie, quorum, apparentements | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer | |  Facebook | | |

jeudi, 01 juillet 2010

La droite s’oppose une nouvelle fois à l’égalité entre femmes et hommes !

Communiqué de presse du groupe socialiste pluraliste de l'Assemblée constituante du 1er juillet 2010 - Ce jeudi 1er juillet, la majorité de l'Assemblée plénière de la Constituante a de nouveau balayé des dispositions concernant les femmes. Cette fois-ci, non seulement les mesures visant à introduire des quotas et la parité ont été refusées, mais en outre, la majorité de droite a décidé de supprimer la proposition suivante: "la loi encourage les partis à présenter pour toutes les élections au système proportionnel des listes comportant un nombre égal de candidatures féminines et masculines".

Le législateur n'aura donc même pas comme tâche d'encourager l'égale représentation des femmes en politique par des mesures concrètes minimales. Cela, parce que la majorité composée de l'Entente, du MCG et de l'UDC, a suivi la proposition de Béatrice Gigiser, du PDC, vidant la thèse initiale votée en commission de toute substance.

Au contraire, le groupe socialiste pluraliste réaffirme son soutien au principe fondamental de l'égalité femme-homme, et donc à des mesures visant à limiter la sous-représentation des femmes dans les institutions politiques. C'est quand elles seront plus présentes dans les institutions que des solutions pour conduire à plus d'égalité de fait entre tous et toutes seront possibles et que les problèmes rencontrés dans leur quotidien seront pris en comptes. Cela veut dire des salaires égaux à compétences égales, des postes à responsabilité pour les hommes comme pour les femmes, des places de crèche, une meilleure reconnaissance du travail à temps partiel; mais aussi, des congés parentaux et paternels et une place du père valorisée au sein de la famille.

Refuser le recours à de telles mesures, c'est continuer à avoir une représentation d'à peine 29% de femmes au Grand Conseil, ou pire, de 22.5% au sein de l'Assemblée constituante.

La Constitution de Genève du XXIème siècle sera égalitaire ou ne sera pas.

Cyril Mizrahi, chef du groupe socialiste pluraliste

21:01 | Tags : constituante, égalité, hommes, femmes, parité | Lien permanent | Commentaires (7) |  Imprimer | |  Facebook | | |

Le PDC s'oppose une nouvelle fois à l'égalité entre femmes et hommes!

Constituante, 1er juillet 2010. - Les femmes PDC apprécieront que leur groupe à la Constituante s'oppose même à la formulation consensuelle proposée par la commission: "la loi encourage les partis à présenter pour toutes les élections au système proportionnel des listes comportant un nombre égal de candidatures féminines et masculines." En réalité, le groupe PDC confirme qu'il s'oppose à toute disposition pour l'égalité entre hommes et femmes, même non contraignante!

Béatrice Gisiger, cheffe du groupe PDC: "Une femme de 87 ans m'a raconté récemment qu'elle avait été malade pendant 6 semaines et que son mari s'était occupé de tout. Ainsi, ce couple n'a pas attendu la parité pour se répartir les tâches." 6 semaines sur 87 ans. Sans commentaires.

14:45 | Tags : égalité, constituante, hommes, femmes | Lien permanent | Commentaires (4) |  Imprimer | |  Facebook | | |