samedi, 11 octobre 2008

CONSTITUANTE : En tant que personne handicapée, je m’engage pour l’égalité, l’intégration et l’autonomie

X., devenu aveugle, essaie depuis 5 ans de retrouver une place de travail. Depuis 5 ans, il attend une décision de l’Office AI sur sa demande de réinsertion ! Y., qui se déplace en fauteuil roulant, dispose d’une maîtrise universitaire mais ne trouve pas d’emploi. Z. peine à trouver un logement accessible.* Près de 5 ans après l’adoption d’une législation fédérale sur l’égalité (LHand) et 9 mois après l’entrée en vigueur de la 5e révision de l’AI, il n’y a pas lieu de pavoiser.

Une situation alarmante
L’Office fédéral des assurances sociales (OFAS), friand d’effets d’annonce, claironne que la machine AI tourne à plein régime en mentionnant le nombre de « communications de cas », autrement dit de dénonciations (elles peuvent être faites à l’insu de la personne concernée, notamment par les employeurs et les médecins). A aucun moment, il n’est question du nombre de personnes qui ont concrètement retrouvé du travail.

Aucun chiffre non plus sur les transferts de coûts vers l’assurance-chômage et l’assistance sociale. Cette absence totale d’évaluation, faute de recul, n’empêche pas l’OFAS et le Conseil fédéral d’envisager d’anticiper en partie la future 6e révision. Comble du cynisme, le gouvernement déclare sans ciller qu’afin d'assainir l’AI à long terme, il importe de libérer (sic) les bénéficiaires d’une rente de leur dépendance à l'égard de l'assurance.

On se frotte les yeux.

Tandis que les personnes concernées sont poussées vers des places de travail qui n’existent pas, rien n’est prévu pour une implication accrue des employeurs. Pis : le droit fédéral ne prévoit presque aucune protection contre les discriminations à l’embauche et en emploi. Les personnes handicapées qui trouvent du travail le doivent en général à leurs contacts personnels, à quelques employeurs idéalistes un peu « à l’ancienne » ou encore aux associations de personnes handicapées elles-mêmes.

Le canton ne fait guère mieux. Aucune politique globale n’existe pour montrer l’exemple dans le domaine de la fonction publique. Des constructions sont autorisées par le canton en violation de la loi fédérale qui prévoit que toute nouvelle construction ou rénovation importante doit être accessible. A Vernier, par exemple, une nouvelle passerelle pour piétons est dépourvue d’ascenseur.

Quant à la nouvelle loi cantonale sur l’intégration, elle usurpe son titre et ressemble davantage à un règlement sur les patentes pour institutions. Récemment, Le Courrier a consacré un article à la situation de l’enseignement spécialisé. On y apprend que certains enfants sont intégrés en école ordinaire en raison du manque de places en écoles spéciales. C’est à l’envers du bon sens, puisque c’est l’enseignement spécialisé qui devrait être la solution de dernier recours.

Enfin, last but not least, le Conseil fédéral suit l’avis de l’OFAS concernant la pérennisation du projet-pilote « Budget d’assistance », une allocation destinée à couvrir les frais des assistant-e-s personnels qui permettent aux personnes handicapées qui en ont besoin de vivre hors des institutions. De manière discriminatoire, les mineurs et les adultes sous curatelle, notamment, seront exclus de cette solution minimaliste.

Une occasion de changement
La Constituante est l’occasion de donner un impulsion claire pour faire bouger les choses. Contrairement à ce que certains prétendent, la future Constitution n’est nullement condamnée à se contenter de faire référence aux droits fondamentaux existants. La loi fédérale sur l’égalité des personnes handicapées prévoit du reste clairement que les cantons peuvent édicter des dispositions plus favorables aux personnes handicapées (art. 4).

Dans le domaine des constructions, des services publics et de certaines activités soumises à autorisation, ainsi que de la fonction publique, le canton dispose de compétences étendues et la nouvelle Constitution peut dès lors fort bien prévoir une garantie d’accès et de non discrimination plus étendue. Par exemple, les nouveaux logements devraient obligatoirement être adaptables (largeur de portes, absence de seuils, etc.).

En outre, les pouvoirs publics doivent mener une politique incitative en matière d’intégration, par exemple tenir compte de la politique des entreprises en la matière lors de l’attribution de mandats ou de marchés publics. Rien n’empêche non plus le canton de miser sur l’autonomie : pourquoi ne pas envisager une allocation d’assistance globale, qui viendra par la suite compléter la solution minimale fédérale, comme cela a été fait pour l’assurance-maternité ?

Ces quelques revendications et propositions, je m’engage à les relayer au sein de la Constituante, en lien avec les associations de personnes handicapées. Malvoyant de naissance, j’ai fait l’expérience, notamment, des difficultés d’intégration scolaire, du manque de soutien et des lenteurs de l’AI. Je souhaite ainsi représenter à la Constituante, comme personne concernée, une minorité et ses aspirations.

Je me présente sur la liste socialiste pluraliste, car ces aspirations d’égalité, d’intégration et d’autonomie s’inscrivent dans le cadre de la vision politique que j’ai esquissée dans mes précédents billets. Le PS, dans lequel je m’engage depuis de nombreuses années, défend la sécurité sociale, l’égalité, la démocratie, les services publics, les valeurs auxquelles je crois et que je souhaite défendre à la Constituante. Avec les élu-e-s du futur groupe socialiste pluraliste et de nombreux autres, je m’engagerai si je suis élu pour l’élaboration d’une nouvelle Constitution progressiste, notamment en matière de droits fondamentaux.

D’avance, je vous remercie de votre soutien à ma candidature et à la liste socialiste pluraliste, n°7.

* Ces trois exemples sont fictifs et destinés à résumer de nombreux exemples bien réels.

jeudi, 09 octobre 2008

LA NOUVELLE CONSTITUTION NOUS CONCERNE TOUTES ET TOUS !

En février dernier, la population genevoise a largement accepté le principe d’une révision totale de notre Constitution cantonale. Celle-ci, qui date de 1847, est la plus ancienne de Suisse. Dans une Constitution cantonale sont définis les libertés, droits sociaux et droits démocratiques des habitant-e-s du canton, ainsi que l’organisation et les rôles respectifs de l’Etat et des communes.

Le 19 octobre, le peuple élit une nouvelle Assemblée, la Constituante, chargée de rédiger le projet de nouvelle Constitution qui sera présenté au peuple dans quatre ans. Les Socialistes présentent une liste de 40 candidats et candidates, une liste riche de personnalités diversifiées membres ou non du PS. Promouvoir une vision de société basée sur la justice sociale, tout en représentant de nombreuses associations et syndicats, telle est la vocation de la liste n°7 socialiste pluraliste.

Droit à une formation publique, laïque et gratuite complète, droit au logement, accès à la justice, aux soins de santé, à la culture, égalité entre hommes et femmes et pour les minorités : les droits fondamentaux touchent notre vie quotidienne. Les Socialistes s’engagent pour leur élargissement et leur renforcement ; l’Etat et les communes doivent se donner et avoir les moyens de les garantir pour chacune et chacun, notamment grâce à des services publics efficaces et à des impôts justes.

Les droits démocratiques doivent également être développés. Par exemple, avec le vote par correspondance, lancer un référendum ou une initiative est devenu plus difficile, c’est pourquoi le nombre de signatures devrait être réduit. Une plus grande égalité doit être garantie en matière de financement des campagnes politiques. Enfin, chacune et chacun devrait pouvoir voter à l’endroit où il habite, travaille et paie ses impôts, c’est pourquoi les Socialistes défendront le droit de vote et d’éligibilité des étrangers-ères.

Sur le plan du territoire, les Socialistes s’engageront en faveur d’une réduction concertée – et non imposée – du nombre de communes, pour un taux d’imposition unique dans tout le canton et une répartition équitable des recettes entre les communes, pour la mixité sociale, ainsi que pour des espaces et services publics de proximité, qui sont le meilleur moyen de lutter contre le sentiment d’insécurité.

Préserver les progrès acquis au fil des modifications antérieures, notamment en matière de logement et d’interdiction du nucléaire, mais aussi développer les droits fondamentaux et garantir la justice sociale, ce sont les ambitions des Socialistes et de leur liste pluraliste pour l’après 19 octobre. Pour nous donner le plus de chances possible de réaliser ces objectifs, je vous encourage à glisser dans l’urne la liste n°7 socialiste pluraliste.

Article à paraître dans l'Echo socialiste, journal du PS de Lancy.

lundi, 06 octobre 2008

Fumée passive : la résistance continue !

Depuis le jugement du TF, cela me démangeait d’écrire quelque chose sur mon blog à ce sujet… Mais la colère est souvent mauvaise conseillère, alors je crois que j’ai bien fait d’attendre.

L’arrêt du TF est certes convaincant juridiquement (c’est souvent le cas avec notre Haute Cour, heureusement). Il n’en demeure pas moins qu’un autre raisonnement était possible (comme souvent aussi). L’objet de ce billet n’est cependant pas de rentrer dans la controverse juridique, ni a fortiori de contester la légitimité évidente du TF.

Courage politique
Mais de dire clairement : le Conseil d’Etat a eu raison d’essayer, en s’appuyant sur un avis de droit argumenté, tel que l’a rappelé par la suite Pierre-François Unger. Le Conseil d’Êtat a fait preuve de courage politique. Et il est préférable de faire preuve de courage politique en étant désavoué de temps en temps par le TF, que de rester les bras croisés ou de se cantonner dans de la pure gestion.

Cela étant, il est vrai qu’il est incompréhensible qu’un projet de loi n’ait pas été déposé immédiatement après la votation, voire avant (sous forme de contreprojet direct ou indirect). On relèvera au passage que le choix des initiants de proposer un texte de rang constitutionnel, sans prévoir explicitement ni délai de mise en œuvre ni compétence provisoire du Conseil d’Etat, n’est pas non plus exempt de reproches a posteriori.

Car on est évidemment toujours plus malin après…

Faites ce que je dis…
Ce qui est en outre assez intéressant, c’est de voir l’extrême droite, toujours prompte à dénoncer la République des juges, se servir sans gêne du recours au TF contre une décision largement acceptée par le peuple. Cela démontre une fois encore que pour certains partis, démocratie et Etat de droit sont à géométrie variable.

Au contraire, les partis démocratiques acceptent la décision du TF. Et se mettront rapidement au travail sur le projet de loi déjà déposé pour rétablir l’interdiction. Peut-être qu’un jour, pas si lointain, le droit à la santé des non-fumeurs et des salarié-e-s (tiens, encore un thème pour la Constituante !) primera enfin le prétendu « droit de fumer » et la « liberté économique » mal comprise auxquels s’accroche une certaine droite idéologique.

Etablissements non-fumeurs
En attendant ce jour, j’appelle les lecteurs et lectrices à voter une deuxième fois, avec leurs pieds, et à choisir les établissements qui font le choix de respecter la volonté exprimée par la grande majorité de la population. Si je reproduis ici cette liste, établie collectivement et régulièrement complétée sur Facebook, c'est sans vocation publicitaire, mais simplement pour faciliter la démarche des deux tiers de sondé-e-s qui se sont déclarés prêts sur le site de la Tribune à ne fréquenter que des établissements non fumeurs.

LISTE DES RESTAURANTS / CAFES / DISCOS QUI MAINTIENNENT L'INTERDICTION DANS LA TOTALITÉ DE LEURS LOCAUX (MERCI DE NOUS COMMUNIQUER VOS ADRESSES COMPLETES SUR LE "MUR"):


RESTAURANTS :

- Pasta d'Oro, Pizzeria, rue Micheli du Crest 16

- Côté Parc, 3 rue du parc

- Le Remor, place du Cirque 3

- Le Sumo Yakitori, restaurant japonais, rue de Monthoux 15

- Le Mikado, restaurant japonais, rue de la Terrassière 23

- Misuji Sushi, restaurant japonais, bvd du Pont-d'Arve 49

- Di Pasquale Pizzeria, rue du Beulet 5

- Le Sushi Train Kiteki, restaurant japonais, Rue Neuve Du Molard 21

- Les Recyclables, café-restaurant-librairie, Rue de Carouge 54

- Le Pied de Cochon, Place du Bourg de Four 4

- Le Mortimer, Place du Bourg de Four 2

- Mama Seuz', massage-tisanerie-petite restauration, rue Prévost-Martin 27

- Le Gabrien, restaurant allant vers le gastronomique, rue Roi-Victor Amé 8

- Le Nid'Poule, rue Adrien-Lachenal 26

- Palais Mascotte, cabaret et restaurant, rue de Berne 43

- Le Mango Deck, cours de Rive 20

- Feuille de banane, 29 rue de Carouge

- The Clubhouse, bar-restaurant à dominance anglaise, rue Philippe-Plantamour 25

- Le Passagio Binario Uno, gare Cornavin

- Café Gallay, boulevard Saint-Georges 42

- Café Papon, rue Henri-Fazy 1

- La Huchette, rue Fontanel 9, 1227 Carouge

- Via Roma, restaurant italien, Place du Marché 20, 1227 Carouge

- L'Auberge Communale de Carouge, rue Ancienne 39, 1227 Carouge

- La Chaumière, chemin de la Fondelle 16, 1256 Troinex

- Supatra, restaurant Thai, Rampe de la Gare 11, 1290 Versoix

- Le Relais Thaï de Vuillonnex, 1232 Confignon

- ...


BARS / CAFES :

- Café Sud, 14 rue de L’Ecole de Medecine

- La boulangerie-tea-room Au jardin d'Eden, 26 Grand-Rue

- Le Rouge et le Blanc, bar à vin, quai des Bergues 27

- L'Enoteca Winebar, rue du rhône 19

- Café Marius, bar à vin, place des Augustins

- La boulangerie-tea room, rue de Moillebeau 42

- …


NIGHTS CLUBS / CABARETS :

- Shakers, 4, rue Arnold-Winkelried

- … !!


AVEC EXCEPTIONS :

- Chat Noir, Rue Vautier 13, 1227 Carouge : le bar du haut est fumeur, le sous-sol non-fumeur

- Le Nonolet, Bd. Georges-Favon 5, fumeur le soir

- Le Café Restaurant Demi-Lune, rue Etienne-Dumont 3, salle à manger non-fumeur

- Le Calamar, Boulevard Carl-Vogt 91, à moitié non fumeur

- Soleil Rouge, bar à vin, boulevard Helvétique 32 : fumeur le vendredi et samedi (aie aie aie)


SE RENSEIGNER :

- L'Auberge de Collex-Bossy, 195 Rte de Collex-Bossy, 1239 Colley-Bossy

- Palais Mascotte, cabaret et restaurant, rue de Berne 43 : est-ce que le cabaret est lui aussi non fumeur ?

Source : http://www.facebook.com/group.php?gid=28794548405 (état: 11.10.2008)

Les utilisateurs et utilisatrices de Facebook peuvent compléter directement la liste sur cette page. Les autres peuvent le faire en utilisant les commentaires.

20:35 | Tags : fumée, fumeur, santé, droit, liberté, constituante, établissement | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer | |  Facebook | | |

mercredi, 24 septembre 2008

CONSTITUANTE: logement et espaces publics pour toutes et tous!

Membre de l'ASLOCA, de l'ATE et de l'association Rives publiques, j'ai eu le plaisir de coordonner le groupe chargé de synthétiser les propositions de la liste socialiste pluraliste en matière de logement et d'urbanisme. Je publie ici la synthèse rédigée par ce groupe, approuvée par les instances dirigeantes du PS.

Nulle part en Suisse la crise du logement n’est aussi aiguë qu’à Genève. Il est toujours plus difficile de se loger à des conditions financières supportables.

Au sein de la Constituante, les Socialistes se battront pour que le droit au logement soit inscrit à la fois comme principe fondamental et comme droit justiciable. Le logement relève du service public ; l’Etat et chaque commune selon sa population devraient garantir une offre de logements sociaux suffisante, y compris en construisant eux-mêmes de nouveaux logements. Au besoin, l’Etat doit appliquer la possibilité déjà existante de réquisitionner les logements laissés vacants à des fins spéculatives. L’habitat coopératif financièrement abordable et les autres formes alternatives d’habitat doivent aussi être encouragés. L’Etat doit promouvoir un habitat de qualité, à prix abordable, répondant à des hauts standards énergétiques et facilement adaptable pour les personnes handicapées.

Les Socialistes entendent bien entendu réaffirmer intégralement dans leur portée les dispositions actuelles sur la politique sociale du logement et garantir de manière générale le référendum obligatoire pour toute modification des lois adoptées par le peuple à la suite d’une initiative populaire.

Sur le plan de l’aménagement, les Socialistes veulent une politique d’agglomération transfrontalière. En outre, un développement urbain basé sur la mixité sociale et des activités, ainsi qu’une offre de services publics de proximité, sont les meilleurs moyens pour lutter contre le sentiment d’insécurité, pour promouvoir la qualité de vie et une mobilité durable. Les Socialistes veulent enfin une politique volontariste en faveur d’espaces publics de qualité (locaux de quartier, places piétonnes, parcs publics, rives publiques, etc.) accessibles à tout-e-s.

Le 19 octobre, élisez les meilleures auteur-e-s, choisissez la liste n°7, Socialiste pluraliste

vendredi, 19 septembre 2008

CONSTITUANTE: réformer, oui, mais pour quoi faire ?

La campagne pour les élections à la Constituante bat son plein. Certains candidat-e-s se profilent comme « hors parti », champions de telle ou telle cause, représentant-e-s de telle ou telle association. D’autres fustigent les « corporatistes » qui veulent « nuire au processus réformateur ».

Sur Radio Cité, le journaliste Pascal Décaillet m’a d’abord demandé une proposition concrète. Ma réponse a semblé le renforcer dans sa crainte de voir siéger des représentant-e-s de groupes spécifiques, sans vision globale. Mais lorsque je lui ai répondu sur ce terrain, je suis alors (re)devenu un vilain gauchiste partisan d’un Etat omnipotent…

Vision de société

Pourtant, j’assume. Non pas que je sois un vilain gauchiste, non, peut-être un gentil, à la limite. Oui, je suis de gauche, je suis un socialiste réformiste, j’ai une vision de société. Et oui, je suis actif dans plusieurs associations, dont je souhaite relayer les revendications, car elles nourrissent et s’inscrivent dans ma vision de société.

Tant le rejet de la politique, de la différence entre la gauche et la droite d’une part, que, d’autre part, l’idée que les élu-e-s seraient des plantes hors-sol, qui n’ont ni ne doivent avoir aucun contact avec la « société civile », me semblent à la fois dangereux et sans lien avec la réalité. Il s’agit surtout de stratégies pour se profiler – dans le meilleur des cas – ou, pire, pour disqualifier l’adversaire.

Alors plutôt que de dire, comme certains – comble de suffisance –, avec qui je ne souhaiterais en aucun cas siéger, eh bien je dis d’abord que je souhaite en être ; et ensuite, que je siégerai volontiers avec toutes celles et ceux qui ont une vision politique, des causes à défendre et l’envie de travailler ensemble. Quelle que soit leur liste.

Pour ma part, j’y apporterai d’abord, comme d’autres, une vision socialiste démocrate. Le système capitaliste perpétue les injustices, l’oppression et les inégalités, c’est pourquoi je pense que la société doit être profondément réformée. A notre niveau cantonal, une nouvelle Constitution peut être l’occasion de réaliser quelque progrès : faire progresser les droits fondamentaux, consacrer le rôle de l’Etat dans le domaine des services publics et de la redistribution. Il ne s’agit pour moi ni d’un pure toilettage, ni de se concentrer uniquement sur le nombre de communes ou de député-e-s.

L’égalité, une valeur fondamentale

Handicapé de la vue dès ma naissance et actif depuis plus de dix ans dans les associations de personnes handicapées, je me battrai en particulier pour un renforcement du principe d’égalité et de non discrimination quel que soit le motif. La liberté n’a de sens que si la loi la garantit dans la même mesure à chacune et chacun ; pour le faible, c’est la loi qui libère.

En particulier, je m’engagerai pour que le canton et les communes mènent une politique globale en faveur de l’intégration et de l’autonomie des personnes handicapées, et aillent plus loin que le droit fédéral en leur garantissant un égal accès aux emplois, aux prestations et aux espaces publics.

A ce propos, en tant que membre de l’association « Rives publiques », je me battrai pour le libre accès des rives et contre leur privatisation. De même, chaque association dont je suis membre représente une cause qui me tient à cœur : les droits humains (Amensty), le droit au logement (ASLOCA), la protection des salarié-e-s et des services publics (SSP) comme celle des consommateurs et consommatrices (FRC), et la mobilité douce (ATE).

Toutes ces causes, je le revendique, je les défendrai dans une perspective réformatrice, celle d’un canton non pas amaigri et affaibli, mais fort, efficace et garant des droits fondamentaux et de la justice sociale.

14:47 | Tags : réforme, socialisme, égalité, etat, rives, handicap, logement | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer | |  Facebook | | |

jeudi, 18 septembre 2008

Démocratie économique : les salarié-e-s doivent avoir leur mot à dire !

Des représentant-e-s des salarié-e-s et des usagers-ères dans les conseils des institutions et entreprises de service public : c’est l’une des propositions de la « feuille de route », le « programme » socialiste dans le cadre des élections à la Constituante. Associer les salarié-e-s à la gestion des entreprises, c’était aussi l’une des réformes réalisées par Allende que j’ai mentionné dans ma note du 11 septembre. Comme promis, je reviens ici sur cet aspect, en réponse au commentaire sceptique de Carlitos à ce sujet.

Pourquoi la participation ?

Parce que la démocratie n’est pas complète si elle s’arrête aux portes de l’entreprise. La liberté des uns ne devant idéalement s’exercer en empiétant sur celle dévolue à parts égales aux autres, chacun-e doit pouvoir participer aux décisions qui le concernent. Ainsi, non seulement celles et ceux qui financent l’entreprise, mais également celles et ceux qui y contribuent par leur force de travail doivent avoir leur mot à dire. Les salarié-e-s ne sont en effet pas les derniers concernés par le bon fonctionnement ou non de l’entreprise.

En outre, plus pragmatiquement, la participation entraîne logiquement une meilleure acceptation des décisions auxquelles les salarié-e-s ont participé ainsi qu’un sentiment d'implication accrue dans la vie de l'entreprise, qui est une source de motivation importante. En somme, un gage de succès et de bon fonctionnement pour l’entreprise. Enfin, la participation permet également un contrôle accru de la bonne gestion de l’entreprise.

« Un ouvrier n'est pas un gestionnaire, à chacun son job... »

C’est vrai. Je ne prône pas l'autogestion. C'est peut-être le terme de gestion qui est ambigu. L'idée n'est pas que n'importe qui dirige une entreprise ou effectue lui-même telle ou telle tâche. Mais seulement que les salarié-e-s aient leur mot à dire sur les décisions à prendre et sur qui doit les prendre. La démocratie dans l'entreprise ne signifie pas du tout mélange des genres, mais exige au contraire une définition très précise du rôle de chacun.

… « et mai 68 c'est derrière »

Même aujourd'hui, 40 ans après mai 68, la participation des salarié-e-s est pratiquée, par exemple en Allemagne. En Suisse et à Genève, les représentant-e-s du personnel qui siègent dans les Conseils d'administration d'entreprises publiques et de caisses de pension sont aussi une forme de participation.

Etendre la participation au sein des services publics, mais aussi encourager une économie participative via des structures associatives ou coopératives, cela n’a donc rien d’utopique. Le signal récemment donné par le peuple genevois, qui a largement soutenu le maintien de la participation au sein de nos régies, le montre.

A lire également l’excellente note de Pierre Bayenet sur la démocratie économique

jeudi, 11 septembre 2008

Il était une fois un 11 septembre…

Allende.jpgEncore une petite poussée de conservatisme révolutionnaire, je vous prie de m’en excuser. 35 ans jour pour jour après la mort du président chilien Salvador Allende, brutalement renversé par un coup d’Etat militaire, comment en tant que socialiste ne pas rendre hommage à cet homme d’Etat qui a osé entreprendre une véritable transformation sociale ?

Un Chilien m’a dit un jour : « C’est vrai que Pinochet était terrible, mais il nous a quand même sauvé du communisme… » J’ai changé de sujet, bien sûr. Mais qu’a donc fait Allende pour « mériter » la fin tragique que l’on sait ?

Redistribuer les terres, rendre au peuple la propriété sur les ressources naturelles, associer les salarié-e-s à la gestion des entreprises, augmenter les salaires. Et le tout démocratiquement, et même pendant longtemps grâce à un consensus dépassant la gauche. C’est sans doute en cela qu’il était si dangereux et c’est sans doute cela qui aura causé sa perte.

Aujourd’hui, j’entends souvent, à gauche comme à droite, que la gauche n’a pas d’alternative à proposer. C’est un peu vrai. Mais ce n’est pas une raison pour perdre toute audace, pour ne plus même y réfléchir. D’un autre côté, il serait vain pour la gauche de dessiner abstraitement les contours de cette alternative. Je l’ai dit dans un précédent billet : l’alternative se construit par petites touches.

Prenons l’exemple du logement. Garantir ce droit fondamental dans une Constitution, mener une politique de logement social, construire et gérer des logements à prix abordables via des fondations de service public, soutenir les coopératives d’habitation, c’est déjà esquisser l’alternative. Et tout le monde se rend compte que le marché seul ne répond pas aux besoins de la population.

Certes, la gauche est souvent meilleure gestionnaire que la droite. Mais ce n'est pas sa seule vocation; c'est lorsque la gauche y croit, donne un espoir, qu’on a vraiment envie de voter pour elle. Surtout quand elle s’efforce de toutes ces forces de concrétiser l’espoir une fois élue. Salvador Allende l’avait compris.

13:54 | Tags : salvador, allende, socialisme, alternative, logement | Lien permanent | Commentaires (20) |  Imprimer | |  Facebook | | |

mercredi, 10 septembre 2008

Le Front de libération des bénéficiaires de rente AI communique

Afin d'assainir l’AI à long terme, il importe de libérer les bénéficiaires d’une rente de leur dépendance à l'égard de l'assurance, déclare le Conseil fédéral dans un communiqué sur l’assainissement de l’AI. « L'idée-force de la 5e révision, «la réadaptation avant la rente», doit donc être complétée aussi vite que possible par le principe : «la réadaptation après la rente». » (sic) Il est réjouissant de voir de vieilles revendications ainsi prises au sérieux. De nombreux rentiers et rentières anonymes attendent avec impatience de connaître les mesures qui seront enfin prises pour garantir à chaque personne handicapée place de travail et indépendance financière.

Source: brève publiée sur le site www.agile.ch 

mardi, 09 septembre 2008

Etre socialiste aujourd’hui?

Debatsocialiste.jpg« Etre socialiste en Suisse aujourd'hui! » C’est le titre d’un débat organisé par le PS genevois ce soir (20 heures, UOG, Place des Grottes). En tant que vice-président, j'aurai le plaisir de dire quelques mots de bienvenue à notre invité Christian Levrat, président du PS Suisse.

Hier après-midi, un journaliste m’a appelé au sujet de ce débat : il cherchait pour une émission de radio un jeune « bien de gauche », du genre « conservateur ». Evidemment, j’ai tiqué…

Un peu plus tôt, mon père – ce « commerçant jovial » – m’a appelé. Il venait de parler de mes premières blogueries avec ma mère. « Tu te présentes comme un révolutionnaire, me reproche mon vert de père déçu, je pensais que tu étais plus consensuel ! »

Aïe, je suis donc à la fois conservateur et révolutionnaire ? Cherchez l’erreur… En plus, mon paternel me voyait consensuel… Peut-être que je suis un peu de tout ça après tout… Peut-être que de mon point de vue, être socialiste, c’est un peu de tout ça.

Ces étiquettes ne me plaisent pas trop, mais bon.

Si révolutionnaire veut dire proposer une autre vision de société, une alternative au néolibéralisme, alors oui, le socialisme devrait l’être. Mais si révolutionnaire veut dire accoucher d’un tel projet du jour au lendemain, brutalement, alors non, ce socialisme-là n’est pas le mien. Non seulement parce que cela serait voué à l’échec, l’Histoire le montre, mais surtout parce que je suis, comme le disait avec fierté Olof Palme, un socialiste démocrate.

Un monde différent ne se décrète pas par en haut, il se construit. Par en bas. Démocratiquement. Quoi de plus consensuel, après tout ? La politique des petits pas, oui, mais en avant, en gardant en tête l’objectif. Des compromis progressistes, oui. Des compromissions, non.

« Pourquoi fais-tu référence à ces personnalités du passé ? » m’interroge à son tour ma mère. C’est peut-être pour ça que tant de journalistes voient tant de conservateurs parmi nous – eux qui s’évertuent à penser que nous les détestons alors que nous nous évertuons à penser qu’ils nous détestent. Etre conservateur, ce serait donc se référer à des hommes et femmes du passé, à la social-démocratie historique. Mais aussi construire une pensée politique en tenant compte des expériences passées, refuser un socialisme hors-sol, ou simplement dans l’air du temps, comme l’ont été le social-libéralisme des années ’90, voire le néo-socialisme des années ’30.

Voilà pourquoi, Christian, cher camarade, je me battrai – avec toi – pour un papier sur la sécurité socialiste, même s’il n’est pas dans l’air du temps. Je me battrai aussi pour que le projet socialiste réformiste reste au cœur du programme qui remplacera celui de 1981.

Si pour mon père, mais aussi pour certains militant-e-s socialistes, des mots comme « camarades » et « socialisme » fleurent bon la naphtaline et n’ont plus beaucoup de sens aujourd’hui pour la population, alors nous devons être d’autant plus clairs sur ce que nous voulons. Moderniser le discours, mais pas renier les idées.

01:53 | Tags : socialisme, palme, levrat, ps | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | |

dimanche, 07 septembre 2008

Pourquoi suis-je candidat à la Constituante?

constituante.jpgJ’en suis convaincu : la Constituante peut être l’occasion de faire de la politique autrement, de sortir des blocages et de la gestion à court terme qui caractérisent trop souvent la politique genevoise.

L’expérience menée dans de nombreux cantons prouve que des majorités sont possibles pour présenter à la population un texte progressiste. Cette majorité, je souhaite que la liste socialiste pluraliste en soit le moteur, afin que les missions de service public, de protection sociale et de redistribution trouvent dans notre future Constitution la place qui leur revient.

La Constituante, ce sera aussi une occasion unique de proposer une autre vision de société, basée sur la démocratie et les droits sociaux au lieu du profit et de la rentabilité. Et une Constitution qui garantirait à chacun-e un revenu de base, l’accès à la formation, à l’emploi, aux soins, au logement, à la justice, à la citoyenneté, notamment pour les personnes handicapées. Une Constitution qui supprimerait la concurrence fiscale entre les communes, pour leur permettre d’assurer un véritable service public de proximité.

Aussi je vous encourage à soutenir la liste socialiste pluraliste, qui réunit 40 personalités, femmes et hommes membres ou non du PS.

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