jeudi, 04 novembre 2010

Constituante: La droite veut privatiser les HUG!

Réunie en date du 4 novembre 2010, la majorité de droite de l'Assemblée constituante s'est à nouveau prononcée contre les services publics !

Elle a aujourd'hui refusé la thèse majoritaire de commission, mûrement négociée, énonçant que: "Les établissements publics médicaux sont des organismes de droit public." La droite ne manquera pas de chercher à démentir ce projet de démantèlement du service public, mais ce sont pourtant ses élus, parmi lesquels le médecin libéral Bordier, qui ont défendu en plénière que l'Etat ne doit pas avoir un rôle de gestionnaire, mais uniquement de surveillance.

La droite manifeste ainsi sa volonté de privatisation des services publics, après avoir refusé, le 16 septembre dernier, le maintien, dans la Constitution, des établissements publics autonomes et des principes définissant la fourniture de services essentiels à la population. Le groupe socialiste pluraliste avait déjà alerté la population sur ce vote et sur les risques d'attaques renouvelées, relatifs aux établissements qui répondent à des besoins fondamentaux, dont la pérennité doit être garantie.

De mannière hypocrite, certains constituants prétendent que l’existence des HUG serait « évidente ». Alors pourquoi ne pas prévoir une disposition prévoyant au chapitre des missions de l’Etat l’existance d’un service public de la santé ? En réalité, la droite juge apparemment que la traversée de la rade, par exemple, est un sujet plus important. Pourtant, le danger d’une privatisation est bien réel. Partout dans le monde, il existe des exemples de bradage du service public : l’Etat met à disposition de privés des infrastructures financées par nos impôts, versant en plus une confortable contribution aux « délégataires » pour des prestations chères et de piètre qualité. Est-ce cela que nous voulons ? Un système de santé réservé à une élite ?

La population a démontré à plusieurs reprises, entre autres par les urnes, son attachement au service public que l'on ne saurait ignorer et ce nouveau camouflet exprime à nouveau la légèreté de la majorité de droite.

Cyril Mizrahi, chef du groupe socialiste pluraliste - Communiqué du groupe socialiste pluraliste de l'Assemblée constituante du 4 novembre 2010

vendredi, 17 septembre 2010

"Genève, un monde en soi" !

Communiqué de presse du groupe socialiste pluraliste de l'Assemblée constituante du 17 septembre 2010 - Une Genève repliée sur elle-même et coupée de sa Région: c'est le sens que la majorité des élu-e-s à la Constituante semble vouloir donner à la nouvelle marque genevoise!

Le groupe socialiste pluraliste à la Constituante tire un bilan plus que mitigé de la séance plénière d'hier, notamment, des premiers débats sur l'organisation territoriale et les relations extérieures.

En effet, la majorité de cette Assemblée a décidé hier soir de balayer la majorité des propositions les plus novatrices concernant la Région franco-valdo-genevoise: politique active pour la création d'une véritable assemblée interrégionale élue, développement et soutien du dialogue avec les élu-e-s régionaux (postes d'observateurs au Grand Conseil) et création d'un ombudsman pour la Région.

Le groupe regrette ainsi le manque de vision politique de cette majorité et ses blocages face à toute innovation pour concrétiser une véritable politique régionale, pourtant plus que jamais nécessaire aujourd'hui. Elle rate donc à nouveau l'occasion de respecter le peuple genevois qui l'a élue pour rédiger une Constitution moderne et visionnaire!

Concernant les votes sur le rapport 304 ("Etablissements de droit public autonomes et Organes de surveillance"), le groupe salue l'acceptation d'une définition claire du service public et la volonté de maintenir une représentativité des opinions et des sensibilités parmi les membres des conseils des établissements de droit public autonomes, représentativité à laquelle la population est très attachée. Cependant, le groupe regrette, à nouveau, le refus d'une thèse visant à y voir une représentation plus équilibrée des femmes (au moins 40%).

Aussi, il invite la population à rester attentive à la suite des travaux dans ce domaine. Certes, l’Assemblée a accepté d’assortir la disposition sur le service public d’une autre fixant un cadre stricte en matière de délégation des tâches publiques (nécessité d’une base légale formelle notamment). Toutefois, elle a refusé d’exclure explicitement la délégation de fonctions d’autorité.

Par ailleurs, l'Assemblée a, à ce stade, refusé le maintien, en bloc, de la liste des établissements publics autonomes et des principes définissant la fourniture de services essentiels à la population, tels que les Services industriels de Genève, les Transports publics, ou encore les Etablissements publics médicaux. Mais les débats sur les rapports de la commission 5, sur les tâches de l'Etat, permettront de revenir sur ces établissements qui répondent à des besoins fondamentaux, dont la pérennité doit être garantie. La population a démontré à plusieurs reprises, entre autres par les urnes, son attachement au service public que l'on ne saurait ignorer.

Blocages systématiques face aux innovations et remise en cause d’acquis populaires, la droite doit comprendre qu’une telle stratégie conduira malheureusement mais inévitablement à un échec du projet. Il est grand temps de changer de direction.