mercredi, 16 juin 2010

6e révision de l'AI: que fout la gauche au Conseil des Etats?

Mes camarades du Parti socialiste suisse parlent beaucoup d'UBS, à raison. Mais ils sont étonnamment silencieux sur d'autres thèmes, par exemple la 6e révision de l'AI. Et pour cause. Stupeur en apprenant que seuls une socialiste et 2 Verts ont voté hier au Conseil des Etats contre ce projet discriminatoire et absurde (voir ma précédente note). A quoi sert la gauche si elle abandonne la sécurité sociale et les personnes handicapées? Merci à Liliane Maury Pasquier(PS/GE), Luc Recordon (Ve/VD) et Robert Cramer (Ve/GE), qui sauvent l'honneur...

Que la droite et le prétendu centre continuent d'obéir à l'UDC qui stigmatise les personnes atteintes dans leur santé et veut démanteler l'AI, ce n'est pas nouveau. Mais que 6* élu-e-s socialistes sur 9 soutiennent ce projet (1 ou 2) ou s'abstiennent (4; 2 personnes étant excusées), c'est insoutenable, c'est une trahison, ou de la bêtise (je ne sais pas ce qui est pire).

Comment peut-on soutenir (ou s'abstenir sur) un projet qui vise la suppression de 17'000 rentes d'ici 2018, sans aucune mesure même seulement incitative pour les employeurs? Comment peut-on se dire de gauche et soutenir un projet qui jette à l'aide sociale (ou à la charité) des milliers de rentiers et rentières dont l'état de santé n'a pas changé, au mépris des principes de l'Etat de droit?

On s'était habitués à ce que certains au PS ne comprennent qu'avec des difficultés notables ce que le service public signifie. On pouvait éventuellement comprendre, sans nécessairement approuver, le raisonnement ayant conduit certains à voter un contreprojet "un peu moins pire" que l'initiative scélérate et contraire au droit sur l'expulsion des délinquants étrangers.

Mais jusqu'où est-on prêt à aller dans la compromission? Renier l'Etat social, les droits fondamentaux? Sur l'AI, on ne peut pourtant pas argumenter que le texte voté sera "moins pire" qu'autre chose... Qu'est-ce qui peut donc justifier de cautionner une telle mise à sac de notre sécurité sociale?

Alors qu'à la Constituante, on a obtenu quelques progrès sur les droits des personnes handicapées, que l'on a même approuvé le droit de résister à l'oppression, à Berne des élu-e-s de gauche participent à rendre ces combats vains, renonçant à "résister" légalement à des lois discriminatoires!

Cela discrédite notre action. Cela me révolte, aujourd'hui je suis en colère!

*NB: Depuis la parution de ce billet, j'ai appris qu'un deuxième élu s'était excusé. Les chiffres ont été corrigés.

11:56 | Tags : ai, révision, handicap, droits, égalité, ps | Lien permanent | Commentaires (9) |  Imprimer | |  Facebook | | |

mardi, 15 juin 2010

6e révision de l’AI : un projet discriminatoire devant les Chambres

LogoEH.pngCommuniqué du Conseil Égalité Handicap du 14 juin 2010. - C’est le Conseil des Etats qui se penchera en premier dès cette semaine sur le premier paquet de mesures préparé par le Conseil fédéral dans le cadre de la 6e révision de la loi sur l’assurance-invalidité (AI). S’il était adopté tel quel, ce projet signifierait un recul net du point de vue de l’égalité et des droits fondamentaux des personnes handicapées, estime à l’unanimité le Conseil Egalité Handicap, composé de 10 personnes touchées par tous types de handicaps.

Plus de six ans après l’entrée en vigueur de la loi sur l’égalité des personnes handicapées (LHand), des progrès ont été réalisés dans certains domaines. Les nouvelles constructions et les rénovations de constructions destinées au public doivent obligatoirement être réalisées de manière à ce que ces constructions soient accessibles aux personnes handicapées. Mais à quoi sert-il de pouvoir, en théorie, accéder à un restaurant ou un cinéma si les personnes handicapées n’ont plus les moyens suffisants pour leurs dépenses de base ?

Comme les autres citoyennes et citoyens, les personnes handicapées ont le droit, selon la Constitution fédérale et les traités ratifiés par la Suisse, à un niveau de vie décent et au libre choix de l’activité économique. Or, non seulement la LHand ne prévoit aucune mesure en la matière, mais encore les révisions successives de l’AI constituent un recul en matière de sécurité matérielle et de liberté économique. Sur ces plans, les discriminations augmentent.

La 6e révision de l’AI s’inscrit dans le prolongement de cette évolution négative. Si le Conseil Egalité Handicap est totalement acquis à la réinsertion des rentiers et rentières, il souligne que les objectifs fixés (16'000 rentiers et rentières en moins) sont totalement irréalistes. Déjà actuellement, il n’y a pas assez de places de travail pour les très nombreuses personnes handicapées à la recherche d’un emploi, et aucune mesure incitative n’est prévue pour les entreprises.

Or la révision privera de leurs rentes sans garantie de place de travail de nombreuses personnes dont la situation médicale n’a pas changé. Elles devront demander l’aide sociale, voire celle de leurs proches, pour survivre. Une fois de plus, la révision ne prévoit des mesures contraignantes que pour les seules personnes concernées, non pour les employeurs. Pire, la 6e révision s’inscrit dans une logique de stigmatisation légale des personnes atteintes dans leur santé, en particulier les personnes avec des handicaps psychiques et celles atteintes de fibromyalgie.

Par ailleurs, la pérennisation, attendue depuis des années, du projet pilote « Budget d’assistance », qui permet avec succès à de nombreux enfants et adultes handicapés de vivre de manière autonome hors des homes, sera quant à elle réservée aux adultes avec un handicap physique qui auront les moyens de s’acquitter de la participation financière prévue. Les personnes avec des handicaps mentaux et psychiques se verront donc une nouvelle fois exclues, et ainsi doublement pénalisées, en ce sens qu’elles seront touchées par des baisses de prestations sans pouvoir prétendre à la « contribution d’assistance » qui aurait pu leur permettre plus d’autonomie.

Le Conseil Egalité Handicap, l’organe stratégique institué par les organisations de personnes handicapées dans le domaine de la lutte contre les discriminations et pour l’égalité, demande instamment au Parlement de corriger le projet de 6e révision de l’AI, pour qu’il ne soit pas synonyme de stigmatisation des personnes handicapées, voire d’accroissement des inégalités entre les différents groupes de personnes atteintes de handicaps.

Cyril Mizrahi, malvoyant, avocat et coprésident du Conseil Egalité Handicap

 

vendredi, 17 octobre 2008

60 MILLIARDS D’ARGENT PUBLIC DETOURNE : AUTANT DE BONNES RAISONS D’ALLER VOTER !

60 milliards pour sauver l’UBS, 40 fois le déficit annuel de l’AI. Qui abuse ? Les personnes qui ne trouvent pas de travail et se retrouvent à l’aide sociale parce que la droite ne veut pas mettre un sou dans l’AI depuis 10 ans ? Où les dirigeants des grandes entreprises, qui appellent l’Etat à l’aide et obtiennent gain de cause en quelques jours ?

Ceux-là assumeront-ils un jour la responsabilité des dégâts causés ? Le Tribunal fédéral se prononcera-t-il pour savoir s’il existe une base légale pour cette dépense de 60 mia ? Le peuple, à qui l’on répète à longueur d’années qu’il faut se serrer la ceinture, pourra-t-il se prononcer ?

Donner plus à celles et ceux qui sont les mieux lotis sur le dos du reste de la population, c’est bien cela qui a été décidé sur notre dos ! Garantir les dépôts des épargnant-e-s, oui, mais injecter 60 mia d’argent public dans une banque privée sans contrepartie, ou alors, comme le demande le PS Suisse, en échange de quelque strapontin au Conseil d’administration, non merci !

Privatiser les bénéfices et socialiser les pertes, ça suffit ! Je ne suis pas pour une économie d’Etat, mais pour une distinction claire : soit un secteur est considéré comme stratégique pour quelque raison, et il doit alors être en mains publiques, car c’est seulement ainsi que l’intérêt public, contrôlé démocratiquement, primera sur le profit et les intérêts particuliers. Soit tel n’est pas le cas, et l’Etat ne doit pas y toucher. D’autre part, l’Etat doit enfin mener une politique économique plus favorable aux PME d’une part, et à l’économie solidaire d’autre part, en encourageant le commerce équitable et les coopératives.

Pour changer de politique, le seul outil est la démocratie ! A mon tour, je vous supplie d’utiliser votre droit de vote chaque fois que possible en faveur des listes et personnes qui se battent à l’échelon local pour un monde différent, dans lequel l’argent public n’est pas redistribué à celles et ceux qui en ont déjà. Pour l’élection à la Constituante, on peut encore déposer son bulletin au Service des votations jusqu’à samedi midi, ou voter au local dimanche de 10h à 12h.

Une discussion avec un vieil ami – pas forcément de gauche – m’a inspiré cet article. Qu’il soit ici chaleureusement remercié pour ces moments de dialogue passionnants et stimulants.

18:16 | Tags : ubs, banque, capitalisme, etat, ai, responsabilité, démocratie | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer | |  Facebook | | |

mercredi, 10 septembre 2008

Le Front de libération des bénéficiaires de rente AI communique

Afin d'assainir l’AI à long terme, il importe de libérer les bénéficiaires d’une rente de leur dépendance à l'égard de l'assurance, déclare le Conseil fédéral dans un communiqué sur l’assainissement de l’AI. « L'idée-force de la 5e révision, «la réadaptation avant la rente», doit donc être complétée aussi vite que possible par le principe : «la réadaptation après la rente». » (sic) Il est réjouissant de voir de vieilles revendications ainsi prises au sérieux. De nombreux rentiers et rentières anonymes attendent avec impatience de connaître les mesures qui seront enfin prises pour garantir à chaque personne handicapée place de travail et indépendance financière.

Source: brève publiée sur le site www.agile.ch