dimanche, 07 novembre 2010

Constituante: bilan en demi-teinte, malgré les efforts socialistes, de la plénière du 4 novembre

Sur le chapitre de la santé (504)

Le groupe socialiste pluraliste salue l'acceptation par la majorité de l'Assemblée d'une proposition de compromis, initié par notre groupe, sur la santé, garantissant l'accès de toutes et tous aux soins, inscrivant que l'Etat est responsable de la mise en place de mesures de prévention et de promotion de la santé. En outre, la thèse votée prévoit que l'Etat veille notamment à réduire l'impact des facteurs sociaux et environnementaux sur la santé de la population et donne également comme tâche à l'Etat le rôle de soutenir et promouvoir l'action des proches aidants.

Aussi, bien que l'énumération des lieux concernés et l'engagement de l'Etat à prendre des mesures contre la fumée passive aient été biffés des dispositions actuelles, le groupe salue le maintien de l'interdiction de fumer dans les lieux publics dans la Constitution. Il a toutefois manifesté hier soir son fort désaccord avec la suppression de la thèse visant à inscrire dans la Constitution que les établissements publics médicaux sont des organismes de droit public.

 

Sur le chapitre sur l'enseignement et la recherche (505)

Concernant ce chapitre, il convient de relever l'acceptation de dispositions telles que la gratuité de l'enseignement public, l'encouragement aux études par le biais de mesures contre l’échec scolaire et pour l’accès à la formation professionnelle, aux études et à la formation continue, ainsi qu'un soutien de l'Etat aux actions visant à lutter contre l'illettrisme et l'analphabétisme. De même, une thèse intéressante sur la définition des missions de l'Université et les HES a été acceptée par la moitié des membres de l'Assemblée constituante, comprenant également une disposition engageant l'Etat à favoriser la construction de logements pour étudiantes et étudiants.

Cependant, la majorité de l'Assemblée constituante n'a pas voulu saisir la chance de faire quelques réformes intéressantes en matière de formation et d'éducation, notamment sur la proposition de notre groupe, confiant à l'Etat la tâche de garantir à chacun l'accès à une formation professionnelle de qualité (refusée à une voix près). La majorité de droite a également refusé, étonnamment, l'extension de la formation obligatoire en milieu scolaire ou professionnel jusqu’à l’âge de la majorité civique ou de l’obtention d’une formation certifiante. Or, il existe un réel danger d'exclusion sociale des jeunes en "rupture de formation" et c'est le quotidien Le Temps d'aujourd'hui qui rappelle que ceux "qui n’ont pas de formation ou qui l’ont interrompue sont plus que jamais confrontés au risque de se marginaliser et de glisser vers l’aide sociale" et qu'"entre 1999 et 2005, les pourcentages de personnes de moins de 25 ans au bénéfice de l’aide sociale et du chômage ont progressé respectivement de 110% et de 84%".

Cette absence de préoccupation des jeunes s'est également manifestée par le refus de l'inscription de la mise en place par l'Etat d'un système étendu de bourses et d’allocations d’études assurant à leurs bénéficiaires des conditions d’études et de formation décentes.

 

Cyril Mizrahi, chef du groupe socialiste pluraliste - Communiqué du groupe socialiste pluraliste de l'Assemblée constituante du 5 novembre 2010

15:53 | Tags : constituante, santé, enseignement | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | |