vendredi, 17 octobre 2008

60 MILLIARDS D’ARGENT PUBLIC DETOURNE : AUTANT DE BONNES RAISONS D’ALLER VOTER !

60 milliards pour sauver l’UBS, 40 fois le déficit annuel de l’AI. Qui abuse ? Les personnes qui ne trouvent pas de travail et se retrouvent à l’aide sociale parce que la droite ne veut pas mettre un sou dans l’AI depuis 10 ans ? Où les dirigeants des grandes entreprises, qui appellent l’Etat à l’aide et obtiennent gain de cause en quelques jours ?

Ceux-là assumeront-ils un jour la responsabilité des dégâts causés ? Le Tribunal fédéral se prononcera-t-il pour savoir s’il existe une base légale pour cette dépense de 60 mia ? Le peuple, à qui l’on répète à longueur d’années qu’il faut se serrer la ceinture, pourra-t-il se prononcer ?

Donner plus à celles et ceux qui sont les mieux lotis sur le dos du reste de la population, c’est bien cela qui a été décidé sur notre dos ! Garantir les dépôts des épargnant-e-s, oui, mais injecter 60 mia d’argent public dans une banque privée sans contrepartie, ou alors, comme le demande le PS Suisse, en échange de quelque strapontin au Conseil d’administration, non merci !

Privatiser les bénéfices et socialiser les pertes, ça suffit ! Je ne suis pas pour une économie d’Etat, mais pour une distinction claire : soit un secteur est considéré comme stratégique pour quelque raison, et il doit alors être en mains publiques, car c’est seulement ainsi que l’intérêt public, contrôlé démocratiquement, primera sur le profit et les intérêts particuliers. Soit tel n’est pas le cas, et l’Etat ne doit pas y toucher. D’autre part, l’Etat doit enfin mener une politique économique plus favorable aux PME d’une part, et à l’économie solidaire d’autre part, en encourageant le commerce équitable et les coopératives.

Pour changer de politique, le seul outil est la démocratie ! A mon tour, je vous supplie d’utiliser votre droit de vote chaque fois que possible en faveur des listes et personnes qui se battent à l’échelon local pour un monde différent, dans lequel l’argent public n’est pas redistribué à celles et ceux qui en ont déjà. Pour l’élection à la Constituante, on peut encore déposer son bulletin au Service des votations jusqu’à samedi midi, ou voter au local dimanche de 10h à 12h.

Une discussion avec un vieil ami – pas forcément de gauche – m’a inspiré cet article. Qu’il soit ici chaleureusement remercié pour ces moments de dialogue passionnants et stimulants.

18:16 | Tags : ubs, banque, capitalisme, etat, ai, responsabilité, démocratie | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer | |  Facebook | | |

vendredi, 19 septembre 2008

CONSTITUANTE: réformer, oui, mais pour quoi faire ?

La campagne pour les élections à la Constituante bat son plein. Certains candidat-e-s se profilent comme « hors parti », champions de telle ou telle cause, représentant-e-s de telle ou telle association. D’autres fustigent les « corporatistes » qui veulent « nuire au processus réformateur ».

Sur Radio Cité, le journaliste Pascal Décaillet m’a d’abord demandé une proposition concrète. Ma réponse a semblé le renforcer dans sa crainte de voir siéger des représentant-e-s de groupes spécifiques, sans vision globale. Mais lorsque je lui ai répondu sur ce terrain, je suis alors (re)devenu un vilain gauchiste partisan d’un Etat omnipotent…

Vision de société

Pourtant, j’assume. Non pas que je sois un vilain gauchiste, non, peut-être un gentil, à la limite. Oui, je suis de gauche, je suis un socialiste réformiste, j’ai une vision de société. Et oui, je suis actif dans plusieurs associations, dont je souhaite relayer les revendications, car elles nourrissent et s’inscrivent dans ma vision de société.

Tant le rejet de la politique, de la différence entre la gauche et la droite d’une part, que, d’autre part, l’idée que les élu-e-s seraient des plantes hors-sol, qui n’ont ni ne doivent avoir aucun contact avec la « société civile », me semblent à la fois dangereux et sans lien avec la réalité. Il s’agit surtout de stratégies pour se profiler – dans le meilleur des cas – ou, pire, pour disqualifier l’adversaire.

Alors plutôt que de dire, comme certains – comble de suffisance –, avec qui je ne souhaiterais en aucun cas siéger, eh bien je dis d’abord que je souhaite en être ; et ensuite, que je siégerai volontiers avec toutes celles et ceux qui ont une vision politique, des causes à défendre et l’envie de travailler ensemble. Quelle que soit leur liste.

Pour ma part, j’y apporterai d’abord, comme d’autres, une vision socialiste démocrate. Le système capitaliste perpétue les injustices, l’oppression et les inégalités, c’est pourquoi je pense que la société doit être profondément réformée. A notre niveau cantonal, une nouvelle Constitution peut être l’occasion de réaliser quelque progrès : faire progresser les droits fondamentaux, consacrer le rôle de l’Etat dans le domaine des services publics et de la redistribution. Il ne s’agit pour moi ni d’un pure toilettage, ni de se concentrer uniquement sur le nombre de communes ou de député-e-s.

L’égalité, une valeur fondamentale

Handicapé de la vue dès ma naissance et actif depuis plus de dix ans dans les associations de personnes handicapées, je me battrai en particulier pour un renforcement du principe d’égalité et de non discrimination quel que soit le motif. La liberté n’a de sens que si la loi la garantit dans la même mesure à chacune et chacun ; pour le faible, c’est la loi qui libère.

En particulier, je m’engagerai pour que le canton et les communes mènent une politique globale en faveur de l’intégration et de l’autonomie des personnes handicapées, et aillent plus loin que le droit fédéral en leur garantissant un égal accès aux emplois, aux prestations et aux espaces publics.

A ce propos, en tant que membre de l’association « Rives publiques », je me battrai pour le libre accès des rives et contre leur privatisation. De même, chaque association dont je suis membre représente une cause qui me tient à cœur : les droits humains (Amensty), le droit au logement (ASLOCA), la protection des salarié-e-s et des services publics (SSP) comme celle des consommateurs et consommatrices (FRC), et la mobilité douce (ATE).

Toutes ces causes, je le revendique, je les défendrai dans une perspective réformatrice, celle d’un canton non pas amaigri et affaibli, mais fort, efficace et garant des droits fondamentaux et de la justice sociale.

14:47 | Tags : réforme, socialisme, égalité, etat, rives, handicap, logement | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer | |  Facebook | | |