mardi, 09 septembre 2008

Etre socialiste aujourd’hui?

Debatsocialiste.jpg« Etre socialiste en Suisse aujourd'hui! » C’est le titre d’un débat organisé par le PS genevois ce soir (20 heures, UOG, Place des Grottes). En tant que vice-président, j'aurai le plaisir de dire quelques mots de bienvenue à notre invité Christian Levrat, président du PS Suisse.

Hier après-midi, un journaliste m’a appelé au sujet de ce débat : il cherchait pour une émission de radio un jeune « bien de gauche », du genre « conservateur ». Evidemment, j’ai tiqué…

Un peu plus tôt, mon père – ce « commerçant jovial » – m’a appelé. Il venait de parler de mes premières blogueries avec ma mère. « Tu te présentes comme un révolutionnaire, me reproche mon vert de père déçu, je pensais que tu étais plus consensuel ! »

Aïe, je suis donc à la fois conservateur et révolutionnaire ? Cherchez l’erreur… En plus, mon paternel me voyait consensuel… Peut-être que je suis un peu de tout ça après tout… Peut-être que de mon point de vue, être socialiste, c’est un peu de tout ça.

Ces étiquettes ne me plaisent pas trop, mais bon.

Si révolutionnaire veut dire proposer une autre vision de société, une alternative au néolibéralisme, alors oui, le socialisme devrait l’être. Mais si révolutionnaire veut dire accoucher d’un tel projet du jour au lendemain, brutalement, alors non, ce socialisme-là n’est pas le mien. Non seulement parce que cela serait voué à l’échec, l’Histoire le montre, mais surtout parce que je suis, comme le disait avec fierté Olof Palme, un socialiste démocrate.

Un monde différent ne se décrète pas par en haut, il se construit. Par en bas. Démocratiquement. Quoi de plus consensuel, après tout ? La politique des petits pas, oui, mais en avant, en gardant en tête l’objectif. Des compromis progressistes, oui. Des compromissions, non.

« Pourquoi fais-tu référence à ces personnalités du passé ? » m’interroge à son tour ma mère. C’est peut-être pour ça que tant de journalistes voient tant de conservateurs parmi nous – eux qui s’évertuent à penser que nous les détestons alors que nous nous évertuons à penser qu’ils nous détestent. Etre conservateur, ce serait donc se référer à des hommes et femmes du passé, à la social-démocratie historique. Mais aussi construire une pensée politique en tenant compte des expériences passées, refuser un socialisme hors-sol, ou simplement dans l’air du temps, comme l’ont été le social-libéralisme des années ’90, voire le néo-socialisme des années ’30.

Voilà pourquoi, Christian, cher camarade, je me battrai – avec toi – pour un papier sur la sécurité socialiste, même s’il n’est pas dans l’air du temps. Je me battrai aussi pour que le projet socialiste réformiste reste au cœur du programme qui remplacera celui de 1981.

Si pour mon père, mais aussi pour certains militant-e-s socialistes, des mots comme « camarades » et « socialisme » fleurent bon la naphtaline et n’ont plus beaucoup de sens aujourd’hui pour la population, alors nous devons être d’autant plus clairs sur ce que nous voulons. Moderniser le discours, mais pas renier les idées.

01:53 | Tags : socialisme, palme, levrat, ps | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | |