lundi, 17 janvier 2011

Petit coup de gueule: le 13 février et les Bisounours

Samedi à 11h21, le PS organisait une flash mob dans le cadre de la campagne pour l'initiative "Pour la protection contre la violence des armes". La chose a eu l'heur de déplaire à une consoeur blogueuse radicale, visiblement choquée. Qu'elle veuille bien m'excuser, choqué à mon tour, d'y réagir avec un peu d'acidité, mais davantage de malice, et toujours le respect qui sied aux opinions d'autrui.

En lisant son billet digne de l'attaché de presse genevois de Dark Vador, j'hésite entre colère, consternation, amusement. Le PS aurait eu le tort de ne pas parler d'insécurité, mais quand il en parle, il se trompe de combat, pardon de débat. La sécurité devient d'un coup synonyme de société "bisounours". Les Socialistes feraient mieux d'être plus présents pour fêter la Restauration (de l'Ancien Régime, ndr), soutenir les sociétés de tir. En somme, le PS a le tort de ne pas être de droite, voire d'extrême droite.

Et pendant qu'on y est, en plus de mettre les étrangers à l'index, la Suisse pourrait assouplir sa législation sur les armes; les tueries du genre de celle de Zoug se multiplieraient, comme aux Etats-Unis, à l'exemple de celle de Tucson. Les politiciens et les enfants se feraient canarder. Mais c'est vrai: les fusils semi-automatiques ne sont pas plus dangereux que les couteaux de cuisine. Et puis, peut-être que les vilains Socialistes arrêteraient d'être méchants avec Pierre Maudet et lui donneraient enfin les pleins pouvoirs pour créer une police municipale lourdement armée (tant pis pour les doublons...), ça se justifierait! Sans parler des emplois créés dans la sécurité privée. Et si jamais, on pourrait toujours rétablir la peine de mort. C'est bien connu, ça ressuscite les victimes.

Plus sérieusement, celles et ceux qui veulent plus de sécurité voteront oui le 13 février à l'initiative pour la protection contre la violence des armes!

09:58 | Tags : initiative, armes, sécurité, zoug, tucson | Lien permanent | Commentaires (6) |  Imprimer | |  Facebook | | |

mardi, 15 juin 2010

6e révision de l’AI : un projet discriminatoire devant les Chambres

LogoEH.pngCommuniqué du Conseil Égalité Handicap du 14 juin 2010. - C’est le Conseil des Etats qui se penchera en premier dès cette semaine sur le premier paquet de mesures préparé par le Conseil fédéral dans le cadre de la 6e révision de la loi sur l’assurance-invalidité (AI). S’il était adopté tel quel, ce projet signifierait un recul net du point de vue de l’égalité et des droits fondamentaux des personnes handicapées, estime à l’unanimité le Conseil Egalité Handicap, composé de 10 personnes touchées par tous types de handicaps.

Plus de six ans après l’entrée en vigueur de la loi sur l’égalité des personnes handicapées (LHand), des progrès ont été réalisés dans certains domaines. Les nouvelles constructions et les rénovations de constructions destinées au public doivent obligatoirement être réalisées de manière à ce que ces constructions soient accessibles aux personnes handicapées. Mais à quoi sert-il de pouvoir, en théorie, accéder à un restaurant ou un cinéma si les personnes handicapées n’ont plus les moyens suffisants pour leurs dépenses de base ?

Comme les autres citoyennes et citoyens, les personnes handicapées ont le droit, selon la Constitution fédérale et les traités ratifiés par la Suisse, à un niveau de vie décent et au libre choix de l’activité économique. Or, non seulement la LHand ne prévoit aucune mesure en la matière, mais encore les révisions successives de l’AI constituent un recul en matière de sécurité matérielle et de liberté économique. Sur ces plans, les discriminations augmentent.

La 6e révision de l’AI s’inscrit dans le prolongement de cette évolution négative. Si le Conseil Egalité Handicap est totalement acquis à la réinsertion des rentiers et rentières, il souligne que les objectifs fixés (16'000 rentiers et rentières en moins) sont totalement irréalistes. Déjà actuellement, il n’y a pas assez de places de travail pour les très nombreuses personnes handicapées à la recherche d’un emploi, et aucune mesure incitative n’est prévue pour les entreprises.

Or la révision privera de leurs rentes sans garantie de place de travail de nombreuses personnes dont la situation médicale n’a pas changé. Elles devront demander l’aide sociale, voire celle de leurs proches, pour survivre. Une fois de plus, la révision ne prévoit des mesures contraignantes que pour les seules personnes concernées, non pour les employeurs. Pire, la 6e révision s’inscrit dans une logique de stigmatisation légale des personnes atteintes dans leur santé, en particulier les personnes avec des handicaps psychiques et celles atteintes de fibromyalgie.

Par ailleurs, la pérennisation, attendue depuis des années, du projet pilote « Budget d’assistance », qui permet avec succès à de nombreux enfants et adultes handicapés de vivre de manière autonome hors des homes, sera quant à elle réservée aux adultes avec un handicap physique qui auront les moyens de s’acquitter de la participation financière prévue. Les personnes avec des handicaps mentaux et psychiques se verront donc une nouvelle fois exclues, et ainsi doublement pénalisées, en ce sens qu’elles seront touchées par des baisses de prestations sans pouvoir prétendre à la « contribution d’assistance » qui aurait pu leur permettre plus d’autonomie.

Le Conseil Egalité Handicap, l’organe stratégique institué par les organisations de personnes handicapées dans le domaine de la lutte contre les discriminations et pour l’égalité, demande instamment au Parlement de corriger le projet de 6e révision de l’AI, pour qu’il ne soit pas synonyme de stigmatisation des personnes handicapées, voire d’accroissement des inégalités entre les différents groupes de personnes atteintes de handicaps.

Cyril Mizrahi, malvoyant, avocat et coprésident du Conseil Egalité Handicap

 

jeudi, 09 octobre 2008

LA NOUVELLE CONSTITUTION NOUS CONCERNE TOUTES ET TOUS !

En février dernier, la population genevoise a largement accepté le principe d’une révision totale de notre Constitution cantonale. Celle-ci, qui date de 1847, est la plus ancienne de Suisse. Dans une Constitution cantonale sont définis les libertés, droits sociaux et droits démocratiques des habitant-e-s du canton, ainsi que l’organisation et les rôles respectifs de l’Etat et des communes.

Le 19 octobre, le peuple élit une nouvelle Assemblée, la Constituante, chargée de rédiger le projet de nouvelle Constitution qui sera présenté au peuple dans quatre ans. Les Socialistes présentent une liste de 40 candidats et candidates, une liste riche de personnalités diversifiées membres ou non du PS. Promouvoir une vision de société basée sur la justice sociale, tout en représentant de nombreuses associations et syndicats, telle est la vocation de la liste n°7 socialiste pluraliste.

Droit à une formation publique, laïque et gratuite complète, droit au logement, accès à la justice, aux soins de santé, à la culture, égalité entre hommes et femmes et pour les minorités : les droits fondamentaux touchent notre vie quotidienne. Les Socialistes s’engagent pour leur élargissement et leur renforcement ; l’Etat et les communes doivent se donner et avoir les moyens de les garantir pour chacune et chacun, notamment grâce à des services publics efficaces et à des impôts justes.

Les droits démocratiques doivent également être développés. Par exemple, avec le vote par correspondance, lancer un référendum ou une initiative est devenu plus difficile, c’est pourquoi le nombre de signatures devrait être réduit. Une plus grande égalité doit être garantie en matière de financement des campagnes politiques. Enfin, chacune et chacun devrait pouvoir voter à l’endroit où il habite, travaille et paie ses impôts, c’est pourquoi les Socialistes défendront le droit de vote et d’éligibilité des étrangers-ères.

Sur le plan du territoire, les Socialistes s’engageront en faveur d’une réduction concertée – et non imposée – du nombre de communes, pour un taux d’imposition unique dans tout le canton et une répartition équitable des recettes entre les communes, pour la mixité sociale, ainsi que pour des espaces et services publics de proximité, qui sont le meilleur moyen de lutter contre le sentiment d’insécurité.

Préserver les progrès acquis au fil des modifications antérieures, notamment en matière de logement et d’interdiction du nucléaire, mais aussi développer les droits fondamentaux et garantir la justice sociale, ce sont les ambitions des Socialistes et de leur liste pluraliste pour l’après 19 octobre. Pour nous donner le plus de chances possible de réaliser ces objectifs, je vous encourage à glisser dans l’urne la liste n°7 socialiste pluraliste.

Article à paraître dans l'Echo socialiste, journal du PS de Lancy.

mercredi, 24 septembre 2008

CONSTITUANTE: logement et espaces publics pour toutes et tous!

Membre de l'ASLOCA, de l'ATE et de l'association Rives publiques, j'ai eu le plaisir de coordonner le groupe chargé de synthétiser les propositions de la liste socialiste pluraliste en matière de logement et d'urbanisme. Je publie ici la synthèse rédigée par ce groupe, approuvée par les instances dirigeantes du PS.

Nulle part en Suisse la crise du logement n’est aussi aiguë qu’à Genève. Il est toujours plus difficile de se loger à des conditions financières supportables.

Au sein de la Constituante, les Socialistes se battront pour que le droit au logement soit inscrit à la fois comme principe fondamental et comme droit justiciable. Le logement relève du service public ; l’Etat et chaque commune selon sa population devraient garantir une offre de logements sociaux suffisante, y compris en construisant eux-mêmes de nouveaux logements. Au besoin, l’Etat doit appliquer la possibilité déjà existante de réquisitionner les logements laissés vacants à des fins spéculatives. L’habitat coopératif financièrement abordable et les autres formes alternatives d’habitat doivent aussi être encouragés. L’Etat doit promouvoir un habitat de qualité, à prix abordable, répondant à des hauts standards énergétiques et facilement adaptable pour les personnes handicapées.

Les Socialistes entendent bien entendu réaffirmer intégralement dans leur portée les dispositions actuelles sur la politique sociale du logement et garantir de manière générale le référendum obligatoire pour toute modification des lois adoptées par le peuple à la suite d’une initiative populaire.

Sur le plan de l’aménagement, les Socialistes veulent une politique d’agglomération transfrontalière. En outre, un développement urbain basé sur la mixité sociale et des activités, ainsi qu’une offre de services publics de proximité, sont les meilleurs moyens pour lutter contre le sentiment d’insécurité, pour promouvoir la qualité de vie et une mobilité durable. Les Socialistes veulent enfin une politique volontariste en faveur d’espaces publics de qualité (locaux de quartier, places piétonnes, parcs publics, rives publiques, etc.) accessibles à tout-e-s.

Le 19 octobre, élisez les meilleures auteur-e-s, choisissez la liste n°7, Socialiste pluraliste